AUTRICHE - ÉLECTION

Les ados autrichiens convoités par les politiques

Avec l'abaissement de l'âge légal pour voter à 16 ans, les partis rivalisent de créativité pour séduire les adolescents en vue des élections législatives organisées dimanche.

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Les jeunes électeurs autrichiens, autorisés pour la première fois à prendre part à un scrutin national dès 16 ans, sont fortement convoités par tous les partis en lice aux législatives de dimanche rivalisant de créativité pour les séduire.

Avec l'abaissement de l'âge légal pour voter à 16 ans adopté l'an dernier -- un statut d'exception partagé seulement avec le canton de Glaris en Suisse et cinq états régionaux (Länder) allemands pour les élections communales -- environ 184.000 jeunes Autrichiens de 16 et 17 ans, soit 3% de l'électorat, vont ainsi pour la première fois mettre leur bulletin dans l'urne.

"Je ne pense pas que l'objectif soit que tous les jeunes de 16 et 17 ans aillent voter dès le premier coup, mais qu'ils se confrontent à la politique", tempère le sociologue Manfred Zentner de l'Institut de recherche sur la culture de la jeunesse (IJKF). Cependant 95% d'entre eux déclarent avoir l'intention de remplir leur devoir de citoyen, selon une étude de ce même institut.

Les deux plus grands partis ont ainsi délégué la conquête du million de voix "jeunes" (en comptant les étudiants et salariés de moins de 30 ans) aux benjamines du Parlement, Silvia Fuhrmann (ÖVP, conservateur) et Laura Rudas (SPÖ, social-démocrate), 27 ans toutes deux et membres du parlement national respectivement depuis 2002 et 2006.

Ces jeunes candidates ne sont que des "alibis" pour les grands partis, rétorque le porte-parole de l'Association nationale des étudiants autrichiens ÖH, Peter Schweinberger, car "elles n'ont pas d'influence dans leur parti".

Selon une étude de l'IJKF, les deux principaux sujets d'intérêt des jeunes dans la campagne électorale sont l'accueil des étrangers (32,2%) et l'éducation (23,7%).

Entre blogs et jeux de rôle en ligne, l'ensemble des formations politiques ont décliné chacune des versions sur leur site internet de campagne. "La langue utilisée doit être compréhensible pour les adolescents en particulier, sinon ils vont passer à autre chose", souligne Manfred Zentner.

Le déroulement même de la campagne en a été modifié aussi. Les têtes de listes, âgés entre 40 et 60 ans pour la plupart, ont autant fait campagne dans les discothèques que dans les salles de meeting.

Plus insolite, les sociaux-démocrates ont proposé de "louer un politicien" pour une soirée tandis que les Verts offraient des "speed-dating" (entretien de quelques minutes) devant l'opéra de Vienne avec leurs candidats.

Parmi les "bonbons électoraux", le SPÖ a même organisé une loterie pour gagner des places pour le concert de la chanteuse pop Madonna le 23 septembre à Vienne. "C'est un instrument légitime pour attirer l'attention", se défend Laura Rudas, numéro trois sur la liste nationale, "les jeunes peuvent ainsi distinguer quel parti a des propositions concrètes."

Côté programme, le parti de gauche, en tête chez les primo-votants selon l'IJKF, a recyclé sa promesse de suppression des droits universitaires (746 euros par an), déjà avancée lors de la campagne en 2006 mais non tenue lors des 18 mois de gouvernement de grande coalition gauche-droite.

Le chancelier social-démocrate, Alfred Gusenbauer, avait laissé tomber le projet, soutenu pendant l'actuelle campagne par les écologistes et partiellement par l'extrême droite du FPÖ, devant les réticences de son partenaire conservateur dans la coalition.

"C'est sûr, avec l'abolition, les étudiants auraient ainsi plus d'argent en poche, mais l'université a besoin d'un financement plus important et durable", relève Peter Schweinberger de l'ÖH.

 

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