CRISE FINANCIÈRE

Les négociations sur le plan de relance américain en difficulté

Les négociations sur le plan de sauvetage du système financier n'ont pas abouti à l'issue de la réunion entre des responsables du Congrès, George W. Bush et les deux prétendants à sa succession. Obama juge qu'il reste "du travail à faire".

Publicité

Lire aussi : Paulson défend son plan de sauvetage malgré les critiques

 

Ainsi que le blog d'Ulysse Gosset : McCain et Obama veulent déjà remplacer Bush !


Les discussions à la Maison Blanche et au Capitole sur le projet d’injecter 700 milliards de dollars dans le système bancaire n’ont pas abouti jeudi, anéantissant tout espoir d'une relance rapide de l’économie américaine.

George W. Bush avait convoqué une réunion extraordinaire consacré au plan de sauvetage de Wall Street à laquelle étaient conviés les candidats à la présidentielle John McCain et Barack Obama. Dès le début des discussions, il avait indiqué espérer "parvenir à un accord très rapidement".

Malgré l’optimisme ambiant, l’inverse s’est produit après que des représentants républicains ont présenté un plan alternatif à celui défendu par le président américain.

"Il semblerait que le ton soit monté autour de la table de la Maison Blanche et que Bush n’a rien pu faire pour calmer les esprits. Et, à la surprise générale, la réunion exceptionnelle s’est conclue par un spectaculaire désaccord au sommet", décrypte Jean-Bernard Cadier, spécialiste de politique internationale à FRANCE 24 dépêché à Washington.

 

Un plan alternatif à celui de Bush

 

Les discussions doivent donc reprendre vendredi et, selon Christopher Dodd, président de la commission bancaire du Sénat, pourraient s'étaler jusqu'au week-end.

"Je pense que nous finirons par avoir un accord mais il reste du travail à faire", a déclaré Barack Obama, à l'issue de la réunion exceptionnelle. "Le président Bush et le secrétaire au Trésor Henry Paulson vont devoir  travailler avec certains républicains qui ont un problème avec le principe même du plan", a également déclaré le candidat démocrate à la présidentielle de novembre.

Alors que les deux candidats avaient publié mercredi un communiqué commun appelant à s’unir autour du plan de sauvetage, des représentants de l'aile conservatrice du groupe républicain ont présenté, jeudi soir, un plan alternatif à celui défendu par Bush, qu’ils n’acceptent pas pour des raisons idéologiques.  

"On assiste littéralement à une révolte des ultralibéraux de la chambre des représentants", explique Jean-Bernard Cadier.

 

Outre ce nouveau plan, les négociations n’ont pas abouties à cause de "la faiblesse manifeste de  Bush, un président finissant, incapable d’imposer son point de vue à son propre parti, ainsi que de l’attitude en point d’interrogation de John McCain", ajoute le journaliste .

 

Tactique politicienne

 

Le candidat républicain n’aurait apparemment rien dit pendant cette réunion. "On ne sait pas s’il subit cette révolte ou s’il en est l’instigateur", explique Jean-Bernard Cadier.

Côté démocrate, nombreux pensent que McCain a apporté son soutien aux ultralibéraux de son parti. "Il semble que le sénateur McCain se soit rangé à l'avis des républicains de la Chambre qui veulent une approche totalement différente", regrette Henry Waxman, représentant démocrate de Californie.

Pour Christopher Dodd, "il s'est agit pendant deux heures d'un plan de sauvetage [de la candidature] de John McCain".

Depuis plusieurs semaines, le candidat républicain chute dans les sondages et sa décision de suspendre sa campagne à cause de la crise économique avait été interprétée par certains comme une tactique politicienne.

"Mon inquiétude c'est que, lorsqu'on instille des enjeux politiques présidentiels dans de délicates négociations, on peut créer davantage de problèmes qu'on en résout", a quant à lui commenté Barack Obama sur la chaîne de télévision CNN.

 

 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine