CRISE FINANCIÈRE

Le Congrès peine à se prononcer sur le plan de sauvetage

Les parlementaires américains travaillent toujours sur le plan de sauvetage du secteur financier. Aucun accord n'a été trouvé, une partie des républicains ayant proposé un contre-projet qui épargnerait l'argent des contribuables.

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Les discussions sur le plan de sauvetage des banques promettaient vendredi soir de se poursuivre tout le week-end au Congrès américain, en raison d'un contre-projet des républicains de la Chambre des représentants appelant à épargner l'argent des contribuables.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a assuré vendredi devant la presse que le projet de loi "sera signé par le président". "Nous travaillerons tout le week-end pour parvenir à cette fin", a-t-elle assuré.

Au cours de la même conférence de presse, le démocrate Barney Frank, qui mène les négociations côté Chambre, a souligné la défection des républicains de la Chambre empêchant la conclusion d'un accord : "La nouvelle encourageante aujourd'hui est que nous avons eu deux séances de négociations avec les démocrates du Sénat, les démocrates de la Chambre et les républicains du Sénat, auxquelles les républicains de la Chambre ont refusé de participer".

La proposition des républicains a dérouté les démocrates, qui avaient annoncé un accord dès jeudi midi, mais aussi l'administration Bush à l'origine de ce plan qui doit permettre le déblocage de 700 milliards de dollars d'argent des contribuables pour racheter les créances douteuses des banques.

Le président George W. Bush a de nouveau appelé vendredi les parlementaires à "agir rapidement". Il a indiqué vendredi au Premier ministre britannique Gordon Brown qu'il était confiant quant à l'adoption par le Congrès d'un plan de sauvetage "suffisamment important".

Les élus américains, qui devaient partir en vacances parlementaires vendredi jusqu'à la présidentielle du 4 novembre, resteront en session le temps de trouver un accord, a annoncé le chef démocrate de la majorité au Sénat, Harry Reid.

Un accord pourrait selon lui être conclu avant la réouverture des places financières lundi matin.

Le sénateur démocrate Christopher Dodd, président de la commission des Affaires bancaires du Sénat, a brandi vendredi devant la presse un document de plusieurs dizaines de pages, résultat de sept jours de négociations.

"Il y a deux ou trois principes qui ne sont pas négociables. Les termes sont négociables mais pas les principes", a dit M. Dodd en présentant le document. Parmi ces principes, il a cité les limitations aux indemnisations des responsables d'entreprises et la protection des contribuables.

Le contre-projet des républicains a été élaboré par un groupe de travail dirigé par le représentant Eric Cantor, l'un des républicains qui avait été pressenti pour devenir le candidat à la vice-présidence de John McCain.

"Tout plan de sauvetage doit comprendre un dispositif d'assurance pour garantir les remboursements des obligations adossées à des créances hypothécaires", propose le groupe de travail. "Trop de capitaux privés restent sur la touche dans cette crise. Et il est grand temps de les débloquer".

Ce souci d'épargner l'argent des contribuables répond à une préoccupation de John McCain, qui n'a toutefois pas annoncé publiquement s'il soutenait ou non cette proposition.

Harry Reid a affirmé vendredi que "l'irruption de la politique présidentielle n'a été d'aucune aide, elle a été nuisible".

L'influent sénateur démocrate Charles Schumer, membre de la commission bancaire, a vivement critiqué le contre-projet des républicains, qui risque selon lui de retarder la conclusion d'un accord. "Ceci est une supplique au président Bush: prière de mettre de l'ordre dans votre parti", a lancé M. Schumer en séance au Sénat.

De son côté, John McCain s'est brièvement rendu au Capitole, siège du Congrès américain, vendredi matin.

Barack Obama, son adversaire démocrate à la présidentielle du 4 novembre, a consulté les dirigeants du Congrès, les membres de l'administration et ses conseillers économiques vendredi matin, avant de partir pour le Mississippi (sud), où devait avoir lieu le premier débat présidentiel de la campagne.

 

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