REPORTAGE - CHINE

Airbus ouvre sa première chaîne d'assemblage hors d'Europe

Airbus a ouvert sa première chaîne d'assemblage hors d'Europe, à Tianjin, dans le nord de la Chine. L'avionneur européen espère ainsi reprendre des parts de marché au leader américain Boeing. Reportage de Sébastien Le Belzic.

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L'avionneur européen Airbus a connu un "événement historique" dimanche, en inaugurant son usine de Tianjin, dans le nord de la Chine, qui illustre sa détermination à combler son retard sur son concurrent Boeing dans l'un des marchés les plus dynamiques de la planète.

L'ouverture de la première chaîne d'assemblage d'Airbus hors d'Europe "met en lumière l'importance que nous accordons à renforcer notre partenariat avec la Chine", a déclaré le patron d'Airbus, Thomas Enders, lors d'une cérémonie en présence du Premier ministre chinois Wen Jiabao.

Cette "nouvelle maison pour Airbus, marque une étape et représente aussi un tremplin pour le développement futur d'Airbus en Chine et dans la région" asiatique, a-t-il ajouté.

Airbus table sur une implantation locale pour gagner des parts sur un marché dominé par l'américain Boeing.

Le consortium espère décrocher une importante commande, "d'ici à la fin de l'année ou avant le Nouvel lunaire an chinois", fin janvier 2009, les compagnies chinoises ayant "signé des protocoles d'accord pour environ 280 appareils", a précisé John Leahy, le directeur commercial, lors d'une conférence de presse.

La filiale du groupe EADS vend 39% des avions achetés en Chine, ce qui représente déjà une belle progression par rapport à ses 7% de 1995.

Mais elle brigue davantage: 50% en 2012, avec une hausse des ventes de toute sa gamme, de la famille des A320 (entre 100 et 200 passagers), au gros porteur quadriréacteur A380.

"La chaîne d'assemblage n'est qu'une facette de l'histoire" du développement programmé d'Airbus en Chine, a souligné M. Enders.

Une autre facette étant par exemple un accord signé l'an dernier attribuant à l'industrie chinoise 5% de la fabrication des structures du futur avion long-courrier A350 XWB.

Ou les projets pour se fournir davantage en Chine en "matériaux et composants de haute qualité", pour passer de 70 millions de dollars d'achats en 2007 à 200 millions en 2010, puis 450 millions cinq ans plus tard et même "un milliard de dollars en 2020".

A Tianjin, distante de 120 kilomètres de Pékin, la nouvelle "maison Airbus" est à 49% chinoise. Les Européens se sont associés à un consortium composé de la municipalité et des avionneurs chinois AVIC I et AVIC II.

Ces partenaires chinois assument les surcoûts engendrés par les transports de pièces entre l'Europe et la Chine, avec des délais supplémentaires d'environ trois mois. Parfois, certaines pièces sont fabriquées en Chine, comme les caissons d'ailes, mais doivent repartir en Europe pour y être câblés, et revenir dans le géant asiatique pour être enfin connectés.

"On se pose la question en général de l'optimisation des coûts et un des axes de réflexion en particulier est la voilure", a-t-on indiqué chez Airbus.

L'usine, implantée sur une zone de développement économique où elle a déjà attiré 13 fournisseurs étrangers, a nécessité environ 600 millions de dollars d'investissements mais devrait devenir rentable à partir de 2011, date à laquelle quatre avions par mois devraient sortir de la chaîne d'assemblage.

"Nous avons copié les détails les plus modernes de l'usine de Hambourg" d'où sortent les appareils monocouloirs de la famille A320, a affirmé Jean-Luc Charles, administrateur du site.

Le marché chinois, deuxième de la planète, représente 15% des ventes d'Airbus, qui lui a vendu son premier avion en 1985.

Airbus évalue les besoins de la Chine pour les 20 prochaines années à 2.800 appareils -- passagers et transport -- représentant environ 329 milliards de dollars.
 

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