ÉTATS-UNIS

La Chambre adopte le pacte nucléaire civil avec l'Inde

La Chambre des représentants du Congrès américain a adopté un pacte civil nucléaire avec l'Inde, qui n'est pas signataire du Traité de non-prolifération. Le texte, qui doit encore être validé par le Sénat, a été salué par George W. Bush.

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Un pacte nucléaire civil entre l'Inde et les Etats-Unis a été adopté samedi par la Chambre des représentants du Congrès américain, une étape saluée par le président George W. Bush comme "une avancée majeure" dans les relations américano-indiennes.

Le texte, qui doit être encore validé par le Sénat, a été adopté à une large majorité par 298 oui contre 117 non, a précisé une porte-parole de la Chambre. Il met en place pour 40 ans une coopération sous forme de transferts de technologies et de fournitures par les Etats-Unis à l'Inde de matériel nucléaire et non-nucléaire y compris des réacteurs.

Le président George W. Bush qui, jeudi, avait rencontré à la Maison Blanche le Premier ministre indien Manmohan Singh pour l'assurer de son soutien sur ce pacte a immédiatement réagi, enjoignant le Sénat d'adopter à son tour le texte rapidement.

L'adoption de ce pacte par la Chambre "est une nouvelle avancée majeure vers la transformation des relations américano-indiennes", a déclaré M. Bush dans un communiqué.

"Je prie le Sénat d'adopter rapidement cette loi importante (...). Signer cette loi adoptée de façon bipartisane va aider à renforcer notre partenariat avec l'Inde", a-t-il ajouté.

La présidente démocrate de la Chambre Nancy Pelosi a elle aussi salué samedi l'adoption du pacte nucléaire qui "approfondit les relations stratégiques de nos pays et tout en apaisant les inquiétudes sur la non-prolifération nucléaire et en répondant aux besoins énergétiques croissants de l'Inde".

Le pacte, qui met fin à des décennies d'interdiction de collaboration nucléaire avec l'Inde, devrait cimenter une nouvelle relation stratégique entre les deux pays.

Ce pacte a rencontré l'opposition de certains critiques soulignant que l'Inde n'était pas signataire du Traité de non-prolifération et que la signature d'un tel accord pouvait indirectement encourager des pays comme l'Iran à poursuivre leur activité nucléaire.

Ainsi, un représentant démocrate, Edward J. Markey, violemment opposé à cet accord, a estimé samedi que c'était "une loi épouvantable, qui menaçait l'avenir de la non-prolifération mondiale".

Il ne s'agit pas de l'Inde elle-même, a-t-il poursuivi mais "de l'Iran, de la Corée du Nord, du Pakistan, du Venezuela, de tous les pays dans le monde dont l'objectif est de posséder l'arme nucléaire".

Ce partenariat était une priorité du chef du gouvernement indien: "quand on écrira l'histoire, je pense qu'il sera retenu que le président George W. Bush a joué un rôle historique en rapprochant nos deux démocraties", avait déclaré M. Singh lors de sa visite à Washington jeudi.

"La coopération nucléaire civile entre les Etats-Unis et l'Inde aura des retombées économiques et stratégiques majeures pour les deux pays, dont une sécurité énergétique renforcée, la capacité de compter sur une source d'énergie plus respectueuse de l'environnement, de nouvelles opportunités économiques et de plus grands efforts vers la non-prolifération", avait plaidé la Maison Blanche dans une présentation du texte au Congrès.
 

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