JAPON

Démission du ministre des Transports après quatre jours de mandat

Le ministre des Transports a démissionné quatre jours à peine après avoir été nommé dans le gouvernement du conservateur Taro Aso. En cause : des déclarations sur "l'homogénéité" du Japon qui ont suscité la colère de l'opposition.

Publicité

Le ministre des Transports japonais a démissionné dimanche à la suite de ses déclarations sur "l'homogénéité" du Japon dénoncées par l'opposition, et quatre jours à peine après avoir été nommé dans le nouveau gouvernement du conservateur Taro Aso.

Nariaki Nakayama avait déclaré, dans sa première interview en tant que ministre, que le Japon était un pays "homogène", au risque de blesser le peuple autochtone aïnou, installé depuis des millénaires dans l'archipel mais reconnu officiellement par les autorités depuis le mois de juin seulement.

Il avait aussi affirmé que les écoles où les professeurs sont syndiqués obtenaient de moins bons résultats pour leurs élèves.

Il avait enfin jugé que les paysans de la région de Narita (nord de Tokyo) "se faisaient de l'argent en pleurnichant". Trente ans après l'ouverture d'un aéroport international sur place, des fermiers refusent toujours de céder leurs terres, enclavées au milieu du tarmac.

"Je viens de remettre ma démission au Premier ministre qui l'a acceptée", a déclaré M. Nakayama dimanche, lors d'une conférence de presse organisée à la hâte juste après un rendez-vous avec le Premier ministre Aso.

M. Nakayama avait retiré ses propos dès jeudi pour tenter de calmer le jeu, en vain.

Le principal parti d'opposition, le Parti démocrate du Japon (PDJ, centre), avait immédiatement exigé la démission du ministre, affirmant que ses déclarations "reflétaient ce qu'il pensait".

M. Nakayama, membre de l'aile la plus conservatrice du Parti libéral démocrate (PLD, droite, au pouvoir), a dirigé un groupe de pression contestant que des massacres aient été commis par l'armée japonaise lors du sac de l'ancienne capitale chinoise de Nankin en 1937.

Le président du PDJ, Ichiro Ozawa, a estimé que le Premier ministre "portait une responsabilité importante" dans la nomination du controversé M. Nakayama.

Cette affaire intervient aux tous débuts du nouveau gouvernement de M. Aso, en place depuis mercredi.

L'affrontement politique entre le PLD et le PDJ a repris de plus belle depuis, alors que M. Aso pourrait vite convoquer des élections législatives anticipées pour profiter de l'état de grâce dont bénéficie habituellement un nouveau Premier ministre.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine