BÉLARUS

L'opposition dénonce des législatives non démocratiques

À l'issue des élections législatives, près de 400 personnes ont manifesté à Minsk pour dénoncer une "farce" électorale. "Nous n'en reconnaîtrons pas les résultats", a déclaré le leader du Parti citoyen uni, Anatoli Lebedko (photo).

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Les Bélarusses ont voté dimanche lors de législatives qui pourraient marquer un tournant pour cette ex-république soviétique, alliée traditionnelle de Moscou mais tentée par un rapprochement avec l'UE, en cas de progrès démocratiques.


L'opposition a d'ores et déjà dénoncé ces élections comme non démocratiques. "Il est évident que ces élections ne peuvent être reconnues comme honnêtes et justes sous aucun critère. Nous n'en reconnaîtrons pas les résultats", a déclaré à l'AFP le leader du Parti citoyen uni Anatoli Lebedko.


A la fermeture des bureaux de vote, environ 300 à 400 personnes se sont réunies dans le centre de Minsk pour dénoncer une "farce" électorale et critiquer le régime autoritaire du président Alexandre Loukachenko, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Dernier dictateur d'Europe", "Les dictateurs à la poubelle de l'Histoire!", pouvait-on lire sur les banderoles.


En cas de progrès démocratiques, l'Union européenne a promis de lever les sanctions qui visent 40 responsables bélarusses dont M. Loukachenko et d'engager un dialogue avec Minsk qui pourrait se traduire par une aide financière.


"L'opposition actuelle ne demeurera que quelques mois ou quelques années", "elle ne représente qu'elle-même", a déclaré pour sa part le président bélarusse qui règne sans partage depuis 14 ans sur ce pays de 10 millions d'habitants, au carrefour de l'UE et de la Russie.


"Une véritable opposition, qui influe sur la vie de la société est toujours nécessaire, sans cela c'est la stagnation", a-t-il ajouté. "Mais ce n'est pas cette opposition (...) financée à 100% depuis l'extérieur", a-t-il lancé.


Les résultats préliminaires doivent être publiés lundi à 10H00 (07H00 GMT). Plus que ces résultats, le véritable enjeu porte sur l'évaluation du scrutin par les observateurs de l'OSCE, qui publieront leurs conclusions lundi à 15H00 (12H00 GMT) à Minsk.


Cette année, 263 candidats, dont 70 de la coalition d'opposition, se présentaient pour 110 sièges à la chambre basse. En 2004, ils étaient 690 dont 250 de l'opposition.


Le taux de participation était de 66,7% à 18H00 locales (15H00 GMT) selon les derniers chiffres donnés par la Commission électorale centrale.


Dans le bureau de vote N°446 près du centre historique de Minsk, un couple âgé était là bien en avance. "Nous sommes habitués au pouvoir soviétique, nous sommes disciplinés", a expliqué à l'AFP Nikolaï Zelenkevitch, 82 ans, qui a enseigné pendant 37 ans l'économie et la technologie.


Nikolaï Lougovtsov, 27 ans, journaliste sportif à la télévision, estime pour sa part que "les gens normaux ne peuvent pas voter pour un candidat qui a été placé là par (le président bélarusse Alexandre) Loukachenko".


"C'est ça notre pays, la dernière dictature de l'Europe", lance-t-il.


Pressions sur les électeurs, refus d'informer les observateurs, usage massif du vote anticipé, urnes s'ouvrant aisément par le fond: opposants et observateurs bélarusses ont dénoncé des violations et risques de fraudes dans le déroulement des législatives.


Lors du vote anticipé, qui permet de voter dans les cinq jours précédents le scrutin, aucune surveillance indépendante des urnes pendant la nuit n'est prévue par la loi et celles-ci sont gardées par un policier.


Ce vote anticipé représente 26% des électeurs inscrits, a indiqué Lidia Ermochina, présidente de la Commission électorale centrale.


Dans les bureaux 447 et 448, deux observateurs ont dit à l'AFP que les présidents des commissions électorales avaient refusé de leur communiquer le nombre d'électeurs inscrits. Cette information a en revanche a été donnée à l'observateur occidental qui s'est rendu sur place, a constaté une journaliste de l'AFP.


Ces dernière semaines, M. Loukachenko a fait quelques gestes sous la pression occidentale, libérant notamment trois prisonniers politiques en août. Par ailleurs, Minsk n'a pas suivi Moscou qui a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, deux territoires séparatistes géorgiens.


Le est entièrement dépendant de la Russie pour ses approvisionnements en gaz, vendu pour le moment à des prix inférieurs à ceux du marché.

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