ÉQUATEUR

Référendum à haut risque pour le président Correa

Quelque 9,7 millions d'Équatoriens sont invités à se rendre aux urnes afin de se prononcer sur la nouvelle Constitution qui entérinerait le régime hyper-présidentialiste du "socialisme du XXIe siècle" cher au président Rafael Correa.

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Lisez l'analyse de FRANCE 24 : "Un vote historique pour l'Équateur"

 

Quelque 9,7 millions d'électeurs équatoriens sont appelés dimanche à se prononcer sur une nouvelle Constitution dont le but est de faciliter l'avènement dans ce pays du "socialisme du XXIème siècle" cher à son président Rafael Correa.

Le texte défend "une politique économique souveraine qui ne tolère les abus d'aucune multinationale", en laissant à l'Etat le soin de réguler et planifier l'économie, a résumé jeudi le président en clôturant sa campagne pour le "Oui, mille fois oui".

Si elle était adoptée, la nouvelle Constitution, "hyper-présidentialiste" selon l'opposition, renforcerait aussi les pouvoirs du chef de l'Etat, afin d'en finir avec l'instabilité politique qui a miné jusque-là l'Equateur (trois présidents renversés en dix ans, dont deux par le Congrès).

Le président pourrait effectuer jusqu'à deux mandats consécutifs de quatre ans et aurait la possibilité de dissoudre l'Assemblée à condition de convoquer dans la foulée de nouvelles élections.

Si la Constitution est entérinée, Rafael Correa, élu en novembre 2006, a déjà annoncé qu'il userait de ce pouvoir et remettrait son mandat en jeu en février 2009.

Le texte défend aussi la santé et l'éducation gratuites pour les 13,9 millions d'habitants de ce pays, dont 50% vivent sous le seuil de pauvreté.

Il aurait selon les sondages les faveurs des électeurs, en dépit des cris d'alarme d'une opposition conservatrice persuadée que son adoption entraînera la "fuite des capitaux" et permettra un exercice dictatorial du pouvoir.

L'intervention en faveur du "non" de l'Eglise, qui a dénoncé deux articles censés favoriser l'avortement et l'union des homosexuels, ne devrait pas non plus jouer, bien que le pays soit très majoritairement catholique.

Le nouveau texte, soumis au vote entre 07H00 et 17H00 dimanche (12H00 à 22H00 GMT), s'inscrit dans la lignée de réformes promues par les deux autres tenants de la gauche anti-libérale sud-américaine.

Au Venezuela, l'allié Hugo Chavez avait fait adopter une nouvelle Constitution en 1999, un an seulement après son élection. Il a depuis voulu introduire d'autres réformes constitutionnelles, en décembre 2007, mais n'a pas obtenu gain de cause.

Le Bolivien Evo Morales, élu en 2005, cherche aussi à réformer la Constitution mais fait face à la fronde des régions prospères du sud et du sud-est, où des violences ont fait au moins 18 morts début septembre.

En Equateur, les spécialistes de la région observeront avec beaucoup d'attention les résultats à Guayaquil (280 km au sud-ouest de Quito). Si l'opposition, dont c'est le bastion, l'emportait dans cette ville portuaire, ils pourraient y voir l'émergence d'un "foyer de déstabilisation", proche de celui qui a surgit en Bolivie, opposant Santa Cruz à La Paz.

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