FRANCE - POLITIQUE

Ségolène Royal mêle politique et spectacle au Zénith

Près de 4 000 militants socialistes se sont rendus, samedi, au "rassemblement de la fraternité" organisé au Zénith de Paris sur l'initiative de Ségolène Royal. Un grand rallye festif mêlant concert de musique et meeting politique.

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"Je suis là aujourd'hui, je serai là demain. Rien ne me fera reculer": l'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle Ségolène Royal s'est posée samedi en Mère Courage, apôtre des sans-grade, lors d'un "rassemblement de la fraternité" au Zénith de Paris.

Dans la grande salle où quelque 4.000 personnes avaient pris place, entre deux prestations d'artistes venus se produire bénévolement, la présidente de Poitou-Charentes a fustigé le "système financier en folie qui s'auto-détruit sous nos yeux", "un monde sans règles".

Elle a délivré un message d'espoir: "non au cynisme, non à la résignation", et appelé à "relever la tête".

Dans un discours de 45 minutes, souvent interrompu par des salves d'applaudissements et des "Ségolène... Ségolène....", elle a appelé la gauche à "se ressaisir". Pour elle, "la gauche doit être là malgré ses imperfections, la gauche doit être là pour faire émerger cette nouvelle France qui attend qu'on la réveille".

"Nous avons en commun de vouloir un autre monde", a-t-elle lancé, faisant scander le mot "fraternité" par ses partisans. "On commence à comprendre qu'il faut radicalement changer le système", a-t-elle dit, sans jamais citer le nom du président Nicolas Sarkozy

Défenseur des luttes sociales, elle s'est interrogée: "A quand l'interdiction de délocaliser et de licencier avec obligation de rembourser les aides publiques si l'entreprise fait des bénéfices ?".

Arpentant la scène, à la manière d'une actrice, avec une gestuelle affirmée, souriant, riant parfois, elle s'était délestée de certains attitudes figées de sa campagne.

"Elle a trouvé cette liberté de ton et d'allure qu'elle a cherchée pendant la campagne", résumait le député Jean-Louis Bianco.

Le registre était également personnel. Elle s'est posée en victime du pouvoir mais aussi de certains de ses camarades du parti, évoquant "la +riante+ primaire, la +courtoise+ présidentielle, les +gentils+ coups bas, les +tendres+ attaques, les +doux+ cambriolages, les +amicales+ pressions et les charmantes épreuves personnelles". Allusion à peine voilée à sa séparation d'avec François Hollande.

A propos du cambriolage de son appartement, elle a stigmatisé "les porte-flingues de l'Elysée".

En tunique de soie bleue, sur un jeans, cheveux nouvellement ondulés, elle est apparue radieuse, assortie au bleu du mot "fraternité" qui s'affichait derrière elle.

La présidente de Poitou-Charentes souhaitait organiser ce grand rassemblement "au service de la gauche" pour remercier ses soutiens dès le lendemain de son échec, mais il a finalement lieu alors que s'engage la bataille pour la conquête du Parti socialiste.

Mme Royal avait invité tout l'état-major du PS, mais seuls ses plus proches comme Jean-Jack Queyranne, président de la région Rhône-Alpes, l'eurodéputé Vincent Peillon, étaient de la fête, tout comme l'homme d'affaires Pierre Bergé qui finance ses activités.

Avec drapeaux tricolores, calicots, les militants venus de toute la France avaient parfois ressorti les tee-shirts de la campagne de 2007 ("La France présidente").

Durant quatre heures, les artistes se sont succédé sur scène: Trust, Benjamin Biolay, Hervé Vilard, Da Silva, Cali... De courts sketches notamment du Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine, de petits films ryhtmaient la soirée. Le chanteur Yannick Noah a adressé un message de soutien, depuis les  Etats-Unis.

Un lâcher de confettis devait clore en couleurs ce show politique d'un type nouveau.

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