LIBAN

Un attentat à la voiture piégée vise un car de l'armée à Tripoli

Une bombe visant un car de l'armée a explosé à Tripoli, dans le nord du Liban. Au moins quatre personnes, dont trois soldats, ont trouvé la mort. En août, neuf militaires avaient péri dans une attaque qui avait frappé le centre de la ville.

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Quatre personnes, dont trois soldats, ont été tuées lundi dans un attentat à la voiture piégée visant un minibus de l'armée aux abords de Tripoli, la grande ville du nord, une attaque qui risque de nuire à la stabilité du Liban et aux efforts de réconciliation en cours.

Quatre personnes ont été tuées et 30 blessées dans l'attentat survenu tôt dans la matinée, a déclaré à l'AFP un responsable de l'armée. "Trois des personnes tuées étaient des soldats. Parmi les blessés, 24 sont des soldats, le reste étant des civils", a-t-il précisé.

Un précédent bilan communiqué par un responsable des services de sécurité faisait état d'au moins six morts et d'une trentaine de blessés.

D'après un porte-parole de l'armée, la bombe, placée sous un véhicule garé sur le bas-côté de la route, a explosé au passage du minibus de l'armée à l'entrée sud de Tripoli, à une heure de forte circulation automobile. Le minibus, qui se rendait à Beyrouth, à quelque 80 kilomètres plus au sud, transportait 24 passagers.

La police et l'armée ont immédiatement déployé un cordon de sécurité autour du site de l'explosion, où les experts ont commencé leur travail de collecte d'indices.

Les habitants du quartier se sont précipités sur les lieux en quête de nouvelles rassurantes de leurs proches, d'autres se sont rués dans les hôpitaux, tandis qu'un quinquagénaire, en larmes, réclamait des nouvelles de son fils qui, selon lui, se trouvait dans le bus.

Sous l'effet du souffle, des fenêtres ont été brisées et des voitures endommagées. Le véhicule sous lequel était placé la bombe n'est plus qu'un amas de tôle.

La police soupçonne que l'engin, bourré de vis et de boulons, a été déclenché à distance par télécommande.

Cet attentat, qui n'a pas été revendiqué à ce stade, "vise la sécurité et la stabilité dans le pays, portant un coup aux efforts de réconciliation en cours", a déclaré le porte-parole de l'armée.

Les différentes factions politiques rivales ont entamé le 16 septembre un dialogue national visant à mettre fin aux violences et à l'instabilité, qui, en mai, avaient fait 65 morts et failli déboucher sur une guerre civile.

D'autres responsables libanais estimaient que l'attaque pouvait avoir pour but de saper les efforts de l'armée pour contrôler Tripoli, théâtre de mai à juillet de violences confessionnelles intermittentes ayant fait plus de 20 morts.

Ces combats avaient opposé des sunnites à des habitants appartenant à la communauté alaouite, une branche du chiisme, dans plusieurs quartiers de la ville côtière, avant que l'armée ne dépêche des renforts dans les zones des affrontements.

"Cette attaque vise le moral de l'armée et cherche à nuire aux relations entre les militaires et les habitants de Tripoli, à la suite du déploiement renforcé de troupes", a estimé le député Moustapha Allouche.

Mi-août, 14 personnes, dont neuf soldats et un enfant, avaient été tués dans une attaque comparable à Tripoli, soit le bilan le plus lourd pour un attentat en trois ans.

Il s'agissait de la pire attaque contre l'armée depuis les violents affrontements ayant opposé en 2007 les militaires au groupuscule islamiste Fatah al-Islam, inspiré par Al-Qaïda, dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared (nord), ayant fait plus de 400 morts dont 168 soldats libanais.

La région est également la proie d'un regain de tensions après l'attentat à la voiture piégée qui a fait 17 morts samedi à Damas, la capitale de l'ancienne puissance de tutelle du Liban. Selon l'agence officielle syrienne Sana, il s'agissait d'une attaque suicide perpétrée par un extrémiste islamiste "venu d'un pays voisin".

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