CRISE FINANCIÈRE

Les Bourses européennes clôturent en baisse

Les marchés en Europe subissent ce lundi une nouvelle déroute, perdant jusqu'à 5,3 % pour la Bourse de Londres et 5,04 % pour celle de Paris. Wall Street avait, au départ, réagi positivement à l'annonce du plan Paulson.

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Trop tard, trop peu, trop compliqué à mettre en oeuvre: les marchés réagissaient négativement lundi à l'accord arraché la veille au Congrès sur le plan gouvernemental de sauvetage des banques, pourtant considéré avec espoir lors de sa présentation il y a dix jours.

"Un projet de loi de sauvetage est envoyé à la Chambre des Représentants, mais le marché répond: +Et alors?+", observe Al Goldman, de Wachovia Securities.

Loin de la célébration espérée, les marchés subissaient lundi une nouvelle déroute: vers 15H45 GMT, le Dow Jones perdait 2,72% et le Nasdaq 4,41%.

En Europe, la Bourse de Paris a fini sur une chute de 5,O4%, Londres de 5,30% et Francfort de 4,23%.

"Le marché avait déjà fêté le principe d'un plan de sauvetage, qui appartient déjà à l'histoire", explique M. Goldman.

De fait, malgré l'enlisement des tractations politiques et la chute de Washington Mutual, plus grosse faillite bancaire de l'histoires des Etats-Unis, la perspective d'un accord au Congrès avait permis au Dow Jones, indice vedette de Wall Street, de finir les deux dernières séances de la semaine sur de nettes hausses.

"Le problème, c'est qu'il n'a toujours pas été voté", souligne de son côté Patrick O'Hare, du site d'informations financières Briefing.com.

"Des républicains commencent à dire qu'ils voteront contre le texte", renchérit Gregori Volokhine, de Meeschaert New York.

"Si un trop faible nombre de républicains se prononçait en faveur du texte, cela risque de le mettre en cause avant même son passage au Sénat: les démocrates ne voudront pas porter le chapeau d'un texte proposé par l'administration Bush, qui est le résultat, selon eux, de huit années de pouvoir républicain", ajoute-t-il.

Et même après son adoption, "le texte mettra longtemps à être mis en oeuvre, alors que les banques font face à une crise de liquidité", estime l'analyste de Meeschaert.

Sans attendre l'application du projet, qui met 700 milliards de dollars sur la table pour éponger les actifs douteux accumulés par les banques dans l'immobilier, la Réserve fédérale américaine a annoncé qu'elle portait à 620 milliards de dollars les lignes de crédit qu'elle accorde aux autres banques centrales.

Le temps presse: après la faillite de Washington Mutual vendredi, les autorités ont organisé le rachat des activités bancaires de Wachovia par sa rivale Citigroup.

En Europe, la crise s'est brusquement accélérée, poussant à des interventions d'urgence au profit de banques au Royaume-Uni, au Bénélux, en Islande et en Allemagne.

Et partout, les marchés semblent s'interroger sur la prochaine victime du massacre, précipitant de nouvelles chutes.

"Fortis, Wachovia, on a une longue liste d'institutions financières qui ne sont plus là", observe Art Hogan, de Jefferies.

"On se rend compte que les problèmes sont plus profonds que ce que peut résoudre le plan de sauvetage", ajoute l'analyste.

L'accord annoncé au Congrès "comprend juste trop d'additifs", regrette M. O'Hare. "Cela pose la question de savoir si les institutions financières elles-mêmes vont considérer le plan assez attractif pour vendre (à l'Etat) leurs actifs douteux", ajoute-t-il.

Long de 106 pages, le texte prévoit des garanties pour le contribuable, la limitation des indemnités de départ pour les dirigeants et une surveillance très attentive des mesures prises par le Trésor.

"Les limites apportés aux indemnités et le droit d'acquérir des participations dans les entreprises en question sont des mesures populistes qui pourraient suffire à les décourager de participer", selon M. O'Hare.
 

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