ÉTATS-UNIS

La Chambre des représentants rejette le plan Paulson

La Chambre des représentants a rejeté le plan de sauvetage du secteur financier par 228 voix contre 205. Le texte prévoyait d'allouer 700 milliards de dollars pour racheter les créances douteuses des banques mises à mal par la crise.

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La Chambre des représentants américains a créé la surprise et secoué encore davantage les marchés en rejetant lundi le plan de sauvetage des banques de 700 milliards de dollars, destiné à stabiliser le système financier américain.

Par 228 voix contre et 205 pour, les représentants ont refusé au secrétaire au Trésor Henry Paulson les moyens qu'il demandait pour renflouer les banques mises à mal par la crise immobilière, à travers la "Loi sur la stabilisation économique d'urgence de 2008".

Cette intervention de l'Etat dans le secteur privé, sans précédent dans l'histoire américaine, visait à racheter les actifs douteux des banques en difficulté du fait de la crise immobilière.

La Bourse de New York chutait après le vote: le Dow Jones perdait 4,75% (soit plus de 500 points), et le Nasdaq 6,90%.

Dans les travées de l'assemblée des représentants, pleine à craquer, certains élus stupéfaits contemplaient les votes négatifs qui s'alignaient contre toute attente sur le tableau lumineux. La procédure du vote est restée ouverte bien après les 15 minutes prévues pour permettre des changements de vote, qui ne sont pas intervenus.

La présidente de la Chambre à majorité démocrate, Nancy Pelosi, avait insisté le matin même sur le fait que l'initiative était "bipartite" et devait recueillir également un vote "bipartite" pour rassurer les marchés.

La suite du processus n'était pas déterminée, les responsables démocrates et républicains pouvant encore tenter de réintroduire un texte modifié devant la Chambre, alors que le Sénat est censé voter mercredi et que mardi le Congrès est fermé pour respecter la fête juive de Roch Hachana.

Le président George W. Bush avait reconnu que le vote serait "difficile" alors que le projet de loi n'est guère populaire auprès des contribuables.

A la tribune, au cours d'un débat vif, certains républicains et démocrates s'étaient retrouvés pour exprimer leur opposition au plan du secrétaire au Trésor.

"On est tout bonnement en train de sacrer le roi Henry", a estimé le républicain John Culberson du Texas, en référence à Henry Paulson.

"C'est une extension du pouvoir fédéral sans précédent, inacceptable, qu'on ne peut pas se permettre, que nos enfants ne peuvent pas se permettre et que nous n'avons jamais vu dans l'Histoire de ce pays", s'est-il indigné. "Prenons notre temps, le temps d'y penser", a-t-il ajouté.

A la même tribune, son collègue démocrate du Texas, Lloyd Doggett, a estimé qu'il y avait "une autre solution que cette dépense massive de l'Etat fédéral". "Il manque tant à cette loi. Wall Street ne paye même pas un centime !", a-t-il lancé.

Au fil des négociations, le dispositif Paulson est devenu de moins en moins populaire auprès des contribuables américains, 63% estimant que le gouvernement risquait d'en faire trop pour venir à la rescousse de Wall Street, selon un sondage Rasmussen Reports.

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