ÉQUATEUR - RÉFÉRENDUM

Correa clame la victoire "écrasante" du "oui"

Sans attendre les résultats officiels, le chef de l'État équatorien, Rafael Correa, a annoncé "le triomphe écrasant" de son projet de Constitution, soumis au référendum dimanche. L'opposition ne s'est pas encore prononcée.

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Lisez l'analyse de FRANCE 24 : "Un vote historique pour l'Équateur"

 

Le président équatorien Rafael Correa a revendiqué "le triomphe écrasant" de son projet de Constitution soumis dimanche au vote et destiné à consolider dans son pays "le socialisme du XXIème siècle" cher à ses alliés Hugo Chavez et Evo Morales.

Le chef de l'Etat s'est prononcé peu après la fermeture des bureaux de vote, sans attendre la publication de résultats officiels, même partiels.

La "Constitution a triomphé de manière écrasante", a assuré le président depuis le siège du gouvernorat de Guayaquil, port situé à quelque 280 km au sud-ouest de Quito, la capitale.

Peu avant, à 17H00 (22H00 GMT), Cedatos et Santiago Perez investigaciones, deux instituts privés, avaient publié des sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote plaçant le "Oui" en tête avec 66 à 70% des voix et rapportant, dans les deux cas, 25% des votes pour le "Non".

L'ONG Participation citoyenne, a ensuite fait état de l'adoption du texte avec 63,2% de "Oui" à partir d'un comptage rapide des votes.

Dans la soirée, le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA) a "félicité" le président, pour le "soutien très fort", que les Equatoriens ont apporté à son projet.

L'opposition est restée dans une position attentiste, préférant attendre la diffusion de résultats définitifs.

Le choix de Guayaquil pour la proclamation de victoire n'est pas anodin: c'est la ville la plus peuplée d'Equateur avec 2,4 millions d'habitants et surtout le bastion des conservateurs, où Rafael Correa a lui-même craint le développement d'un "foyer de déstabilisation" similaire à celui qu'affronte son allié Evo Morales en Bolivie.

M. Correa, qui portait la chemise traditionnelle brodée des indigènes, a d'ailleurs lancé un message à l'intention de ses opposants, faisant un "appel à l'unité, à ceux qui de bonne foi ont été pour le non".

"Nous leurs tendons la main, pour qu'ils admettent leur défaite et que nous avancions ensemble dans une nouvelle direction, que la grande majorité du peuple équatorien et toute l'Amérique latine est en train de montrer (...) vers une société plus juste, plus équitable, sans autant d'inégalités et de misère".

Pendant ce temps, à Quito, ville favorable au gouvernement, des concerts de klaxons et de pétards se faisaient entendre.

Le scrutin portait sur un texte en 444 articles, renforçant l'orientation socialiste du régime.

La Constitution réserve à l'Etat la "planification du développement" d'un pays vivant essentiellement de l'extraction de pétrole par des compagnies étrangères et des devises qu'envoient ses émigrés.

Le texte défend "une politique économique souveraine qui ne tolère les abus d'aucune multinationale", avait argumenté M. Correa, adepte des idées du prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz, très critique de la mondialisation.

"Hyper-présidentialiste", selon l'opposition, il accorde des pouvoirs renforcés au chef de l'Etat, qui pourra effectuer jusqu'à deux mandats consécutifs de quatre ans et aura la possibilité de dissoudre l'Assemblée, à condition de convoquer dans la foulée de nouvelles élections générales (parlementaires et présidentielle).

Correa, élu en novembre 2006, a déjà annoncé qu'il userait de ce pouvoir et remettrait son mandat en jeu en février 2009.

La Constitution consolide aussi le principe de la gratuité des services de santé et d'éducation, dans ce pays de 13,9 millions d'habitants, où 50% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Une fois le texte approuvé, le pays entrera dans un régime de transition durant lequel l'Assemblée constituante aura la tâche de réorganiser l'Etat en accord avec celui-ci.

Rafael Correa, lui, repartira en campagne, pour décrocher un nouveau mandat en février 2009. Il a en outre rendez-vous mardi à Manaos (Brésil) avec son homologue brésilien Luiz Inácio Lula da Silva et ses proches alliés Evo Morales et Hugo Chavez pour discuter de "projets multilatéraux".
 

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