BÉLARUS - LÉGISLATIVES

Victoire du parti au pouvoir, l'opposition dans la rue

Alors que les résultats partiels des législatives montrent la victoire du parti du président Loukachenko, des centaines de manifestants sont descendus dans les rues de Minsk pour dénoncer une "farce" électorale.

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Aucun candidat d'opposition n'a été élu lors des législatives de dimanche au Belarus, présentées comme un scrutin pouvant marquer un tournant pour cette ex-république soviétique, alliée traditionnelle de Moscou mais tentée par un rapprochement avec l'UE, en cas de progrès démocratiques.

Après le dépouillement des bulletins dans 99 de 110 circonscriptions, aucun candidat d'opposition n'a été élu, a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi la Commission électorale centrale. "Dans 99 circonscriptions, il y a des vainqueurs qui ont obtenu plus de 50% de voix. Les 99 candidats élus sont partisans des autorités actuelles" bélarusses, a déclaré aux journalistes Lidia Ermochina, présidente de la Commission électorale centrale.

L'opposition a d'ores et déjà dénoncé ces élections comme non démocratiques et a réuni dimanche soir plusieurs centaines de personnes dans le centre de Minsk pour dénoncer une "farce" électorale et critiquer le régime autoritaire du président Alexandre Loukachenko, qui dirige sans partage depuis 1994 ce pays de dix millions d'habitants.

En cas de progrès démocratiques, l'Union européenne a promis de lever les sanctions visant 40 responsables bélarusses dont M. Loukachenko et d'engager un dialogue avec Minsk qui pourrait se traduire par une aide financière.

"Une véritable opposition, qui influe sur la vie de la société est toujours nécessaire, sans cela c'est la stagnation", a lancé dimanche le président bélarusse. "Mais ce n'est pas l'opposition (actuelle) financée à 100% depuis l'extérieur", a-t-il ajouté.

Les résultats préliminaires doivent être publiés lundi à 10H00 (07H00 GMT). Plus que ces résultats, le véritable enjeu porte sur l'évaluation du scrutin par les observateurs de l'OSCE, qui publieront leurs conclusions lundi à 15H00 (12H00 GMT) à Minsk.

Cette année, 263 candidats, dont 70 de la coalition d'opposition, se présentaient pour 110 sièges à la chambre basse. En 2004, ils étaient 690 dont 250 de l'opposition.

Le taux de participation a atteint 75,3%, selon la Commission électorale centrale.

Pressions sur les électeurs, refus d'informer les observateurs, usage massif du vote anticipé, urnes s'ouvrant aisément par le fond: opposants et observateurs bélarusses ont dénoncé des violations et risques de fraudes dans le déroulement des législatives.

Dans ce contexte, l'opposition a appelé les Occidentaux à procéder à une évaluation honnête et à ne pas reconnaître comme libres et justes des élections qui ne le seraient pas, même si elle souhaite une ouverture du Bélarus vers l'UE.

"Peut-être, le moment est-il venu pour la coopération, et pas pour un marchandage mené selon l'intérêt du moment, comme c'est le cas actuellement", a lancé dimanche soir Alexandre Kozouline, ancien candidat à la présidentielle, venu manifester dans le centre de la capitale.

Ces dernières semaines, M. Loukachenko a fait quelques gestes sous la pression occidentale, libérant notamment trois prisonniers politiques, dont M. Kozouline, en août.

Par ailleurs, Minsk n'a pas reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, deux territoires séparatistes de Géorgie, au grand dam de Moscou qui attendait plus de soutien de la part de son allié.

Après le conflit géorgien, l'UE estime avoir une carte à jouer au Bélarus, qui craint de faire lui aussi les frais de la toute puissance russe dans la région et pourrait rééquilibrer sa politique extérieure vers l'Ouest.

Le Bélarus, un pays de tradition industrielle, est entièrement dépendant de la Russie pour ses approvisionnements en gaz, qu'il achète pour le moment à des prix inférieurs à ceux du marché, et pour l'écoulement de ses produits.
  

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