CRISE FINANCIÈRE

Les banques françaises face à la crise

La crise financière américaine est devenue globale. Les menaces de faillite se sont multipliées en Europe, après les sauvetages de B&B, de Fortis, ou de Dexia. Les banques françaises sont-elles à l'abri de cette tempête financière ?

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L’inquiétude s'est emparée des Bourses du monde entier, chaque pays se livre à présent à un état des lieux. En France, le gouvernement se veut toujours rassurant sur la solidité du système bancaire. Pourtant, l’Etat a été contraint de voler au secours d’une banque, la franco-belge Dexia, une première depuis 14 ans.

 
La spécificité des banques françaises les protège en partie

 
Les premières victimes de la crise ont été les banques d’affaires américaines, qui ont sombré les unes après les autres. Mais en France, il n’existe pas de banques comme Bear Stearns ou Lehman Brothers - deux banques d’affaires américaines qui ont fait faillite.

Contrairement à leurs concurrentes anglosaxonnes, les banques françaises sont principalement des banques de dépôt. La Société générale et BNP Paribas, même si elles ont des activités de financement et d'investissement, restent principalement destinées aux petits épargnants et sont donc moins exposées aux fluctuations du marché.

 

Les banques françaises seraient aussi moins surchargées d'actifs de mauvaise qualité, parce quelles sont plus prudentes. C’est ce qu’a confié à FRANCE 24 Christian de Boissieu, professeur d’économie à l’université Paris-1 : "Globalement, notre système est moins exposé aux subprimes donc résiste mieux. Il y a plusieurs raisons à cela, notamment les stratégies plutôt prudentes des établissements français."

Une prudence qui expliquerait en partie la bonne tenue des établissements français jusque-là, mais M. de Boissieu met en garde : "On va de surprise en surprise avec cette crise, alors bien malin qui pourra dire ce qui va se passer en France…"

 
Quelle marge de manœuvre pour les hommes politiques ?

 
Nicolas Sarkozy a réuni ce mardi à l’Elysée les principaux dirigeants des banques et assurances pour faire le point sur la situation des établissements financiers français. La nature des discussions est restée confidentielle. Le gouvernement se contente d'annoncer qu'il va prendre "de nouvelles dispositions" très prochainement.

 
Evariste Lefeuvre, directeur-adjoint de la recherche et des études chez Natixis, confie à FRANCE 24 que cette réunion est "un coup d’épée dans l’eau" : "C’est un non-événement pour les marchés, on va encore nous dire que les banques sont en très bonne santé, mais ça fait un an et demi qu’on nous le dit !"

 

Pour M. Lefeuvre, les autorités ont beau s’agiter, leur marge de manœuvre reste réduite : "De toute façon, il y a un problème de marché inter-bancaire, donc le rôle de l’Etat est relativement faible". Il assure que toutes les annonces qui ont été faites ont pour but de rassurer la population : "On n’ose pas dire que les choses vont mal."


Retrouvez le Débat de France 24 : L'Europe frappée par la crise.

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