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L'OSCE et les États-Unis jugent les élections non démocratiques

Les élections bélarusses ne se sont pas déroulées démocratiquement, ont estimé l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et Washington. L'Union européenne s'est cantonnée à des déclarations prudentes.

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L'OSCE et les Etats-Unis ont jugé lundi non démocratiques les législatives bélarusses dont l'Occident avait fait un test pour un éventuel rapprochement avec cette ex-république soviétique, souvent qualifiée de "dernière dictature d'Europe".

"Malgré quelques améliorations mineures, ces élections ne remplissent pas les critères de l'OSCE pour des élections démocratiques", soulignent les observateurs de l'organisation dans un rapport rendu public au lendemain du scrutin.

L'évaluation de l'OSCE est suffisamment équilibrée pour que la porte d'un dialogue entre Minsk et l'Union européenne reste "ouverte" si cette dernière le souhaite, a toutefois relevé la coordinatrice des observateurs, Anne-Marie Lizin.

Le département d'Etat américain a estimé lundi que ces élections auxquelles l'opposition n'a obtenu aucun siège étaient "bien loin des normes internationales".

La Commission européenne est restée prudente lundi dans son évaluation des législatives, soulignant les indications "tant positives que négatives" des observateurs de l'OSCE.

"Il est essentiel que la mission se voie autoriser un accès total aux étapes restantes des élections et nous étudierons avec soin leur rapport définitif", a déclaré la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner.

Avant le scrutin, les diplomates européens ne cachaient pas leur espoir d'un déroulement le plus positif possible afin de permettre une plus grande présence européenne dans ce pays industriel très dépendant de son grand voisin russe.

"Nous faisons attention de laisser la porte ouverte parce que nous savons que c'est un moment très important pour les relations entre le Bélarus et l'Union européenne", a déclaré Mme Lizin, vice-présidente de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE.

L'opposition a conclu à une "défaite de la diplomatie européenne" dans ses pressions pour obtenir du président Alexandre Loukachenko des avancées démocratiques.

Celui-ci avait fait quelques gestes avant le scrutin, libérant trois prisonniers politiques.

Les candidats de l'opposition ont aussi eu un "accès légèrement accru" aux commissions électorales, plus de facilités pour tenir des réunions publiques et cinq minutes de temps de parole à la télévision à une heure de grande écoute, a noté l'OSCE.

Mais le bât blesse sur le comptage des voix, comme le redoutait l'opposition.

"Les promesses d'assurer la transparence du comptage n'ont pas été remplies", souligne l'OSCE. Celui-ci a été jugé "mauvais ou très mauvais" dans 48% des bureaux de vote visités par les observateurs et "plusieurs cas de falsification délibérée des résultats ont été observés".

L'Union européenne avait promis de lever les sanctions qui empêchent Alexandre Loukachenko de se rendre dans ses Etats-membres et d'engager un dialogue pouvant se traduire par une aide financière si l'élection présentait des progrès démocratiques.

"Je ne sais pas quels mots ils vont trouver, mais Loukachenko les a dupés. Ils les a dupés comme le dernier des escrocs", a affirmé le leader du Parti citoyen uni, Anatoli Lebedko.

"C'est une défaite de l'Europe, une défaite de la diplomatie européenne, une défaite des hommes politiques européens qui prévoyaient déjà de faire des affaires ici", a-t-il martelé.

Alexandre Loukachenko, dont le pays est très dépendant de la Russie pour ses approvisionnements en gaz et pour l'écoulement de ses produits industriels, louvoie entre Russie et Occident pour maintenir une marge de manoeuvre, selon diplomates et analystes.

Les législatives ont été suivies de près non seulement en Europe mais aussi en Russie. Dès lundi, le Premier ministre Vladimir Poutine a d'ailleurs annoncé une visite "de travail" au Bélarus pour le 6 octobre.

Les relations entre les deux pays traversent une période de froid, sur fond de tensions à propos du prix du gaz russe vendu au Bélarus et de la non reconnaissance par Minsk des républiques séparatistes de Géorgie.
 

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