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CRISE FINANCIÈRE - FRANCE

Malgré la crise, l'optimisme des apprentis traders

4 min

Ils ont 20 ans et finissent leurs études en finances. Leur but : connaître l'ivresse des salles de marchés. Malgré la crise et les licenciements, l'optimisme est de mise chez ces apprentis traders.

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Ils sont une petite dizaine à discuter au 5e étage de l'université Paris-Dauphine, la Mecque des formations financières à Paris. Fraîchement inscrits dans le master de "marchés financiers, marchés de matières premières et gestion des risques", ces apprentis traders vivent une rentrée agitée. Comment trouver un stage lorsque les banques étrangères licencient à tours de bras ? Et un emploi, alors que même les banques françaises gèlent les embauches jusqu'à ce que le ciel financier s'éclaircisse ?

 

Découvrant sa nouvelle promotion, la directrice du master, Carole Gresse, constate déjà que la morosité ambiante ne se traduit pas par une crise des vocations. Les dossiers sont aussi nombreux que les autres années, mais les candidats aux salles de marchés vivent avec appréhension le contexte financier. "C'est sûr, c'est angoissant", confie Harold, 23 ans, venu de Toulouse pour cette formation.

 

Mais c'est surtout en fin d'année que les choses vont se compliquer, à l'heure d'arriver sur un marché professionnel en pleine remise en question : "Transformer un stage en emploi est devenu plus difficile. Auparavant, c'était presque automatique, ils étaient embauchés après leur stage de fin d'année." Mais aujourd'hui, "les périodes de stage sont prolongées", et il ne faut plus espérer intégrer Lehman Brothers ou HBOS une fois le diplôme en poche.

 

"Un contexte encore plus motivant"

 

Morose, la rentrée des apprentis-traders ? Pas rose évidemment, mais Carole Gresse rappelle que "c'était pire pour la promotion passé", celle qui a vu le scandale des "subprimes" se transformer en sinistre financier mondial. Et à entendre les étudiants, le moral ne flanche pas. "C'est cyclique, c'est une question de temps", tempère Harold. "En fait, c'est encore plus motivant dans ce contexte" ose même Selim, ingénieur sorti de Centrale et qui "veut aller jusqu'au bout". Une sorte de "vive la crise" vécu comme un challenge pour ces futurs traders : "Ça nous pousse, et on va apprendre à ne pas faire les mêmes erreurs" sourit Caroline. La jeune femme voudrait travailler à Londres, le sanctuaire de la finance internationale. Et quand on lui demande si la faillite de Lehman, si les licenciements retentissants à la City ne l’effraient pas, elle affiche l'optimisme de ses 22 ans : "On verra bien si ça embauche !"

 

Londres, Fanny en revient justement. Elle sort d'un "summer internship" (stage de pré-diplôme) chez Goldman Sachs, l'une des banques d'affaires qui résistent plutôt bien, et vient répondre aux questions des nouvelles recrues. Fanny comprend leur stress, "pour eux impossible de négocier les salaires à la hausse d'ici fin 2009", mais reste très optimiste sur son propre avenir dans l'univers du trading. Pas autant que ses parents qui, inquiets pour son avenir, aimeraient la voir choisir un secteur plus stable.

 

"Un retour vers les fondamentaux"

 

Spécialiste des marchés financiers depuis plus de 15 ans, Carole Gresse avoue n'avoir jamais connu de crise d'une telle ampleur. Une crise assez importante pour réorienter les métiers de la finance vers des secteurs moins risqués. "Il y aura forcément moins de débouchés dans les postes de trading pur en salles de marchés, notamment tout ce qui concerne les marchés titrisés, au cœur de la crise" constate-t-elle. C'est plutôt vers la gestion de patrimoine, la gestion alternative (en fonds d'investissement), l'analyse des risques que les banques embaucheront, "un retour vers les fondamentaux" selon elle.

 

Et cette année la crise s'invite jusque dans les programmes, puisque la directrice du master entend les adapter pour mieux préparer les étudiants au contexte, les encadrer dans une recherche d'emploi qui sera plus pénible, leur permettre de se positionner sur des secteurs financiers moins volatiles. Tant mieux, car la crise n'a pas fait vaciller la motivation des apprentis-traders : "Une reconversion ? Ah non, on est en dernière année !"

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