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GRANDE-BRETAGNE

David Cameron privilégie la sobriété au congrès du parti conservateur

3 min

Au dernier jour du congrès de son parti, le chef de l'opposition britannique, David Cameron, a voulu se donner une stature d'homme d'État. Il a opposé son "discernement" à "l'expérience" mise en avant par le Premier ministre Gordon Brown.

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Le chef de l'opposition conservatrice britannique, David Cameron, a opposé mercredi son "discernement" à "l'expérience" mise en avant par le Premier ministre Gordon Brown, dans un discours sobre prononcé au dernier jour du congrès de son parti.

"Ce qui compte plus que l'expérience, c'est la personnalité et le discernement... L'expérience, c'est l'argument employé par les dirigeants sortants qui veulent barrer la route au changement", a martelé le chef de file "tory" devant les militants réunis à Birmingham (centre).

"Nous avons fait l'expérience de l'expérience (de Gordon Brown). Nous avons fait l'expérience de la hausse massive des dettes publiques", a-t-il ajouté en réponse à la phrase récemment prononcée par le travailliste Gordon Brown : "Ce n'est pas le moment de (mettre au pouvoir) un novice".

Le cérébral Brown, 57 ans, peut mettre dans la balance ses dix ans au ministère des Finances. David Cameron, 41 ans, ne peut faire valoir que ses sept années au poste de directeur de la communication dans un groupe de médias, avant d'être député.

Cherchant visiblement à se donner une contenance d'homme d'Etat, il a opté pour un discours au ton sobre, contrastant avec ses précédentes interventions très dynamiques et modernes.

Crise financière oblige, l'intervention d'environ une heure était plus axée que prévu sur l'économie. Grands favoris des sondages, les conservateurs avaient entamé dimanche leur congrès avec des rêves de pouvoir en tête. Mais leur grand-messe annuelle a été prise en otage par l'aggravation de la crise financière, qui a permis aux travaillistes de réduire leur retard face aux conservateurs, à environ dix points contre vingt il y a un mois.

Sur la défensive, le leader tory a ainsi voulu se démarquer de son rival travailliste. Il a certes confirmé la trêve proposée en vue de l'adoption de mesures destinées à stabiliser les finances. "Nous ne laisserons pas se répéter ici ce qui s'est passé en Amérique", a-t-il répété dans une allusion aux divisions partisanes qui ont fait échouer le plan de sauvetage aux Etats-Unis.

"Mais nous ne devons pas nous empêcher de critiquer les dix ans (de travaillisme) qui nous ont menés là où nous sommes", a-t-il souligné.

"Si nous gagnons, nous hériterons d'un déficit gigantesque et d'une économie en ruines. Il nous faudra prendre des mesures difficiles et impopulaires. Je suis prêt à le faire", a-t-il promis, avertissant que les impôts ne pourront être allégés qu'"une fois que cela sera responsable de le faire".

Le leader tory a appelé à un "bouleversement majeur" dans la manière de gérer les finances publiques, proposant de créer un organisme indépendant chargé de surveiller l'endettement public.

"Mais ce ne sont pas seulement les autorités qui sont fautives. De nombreux banquiers de la City (le coeur financier de Londres) ont été très irresponsables, s'offrant de vastes récompenses", a-t-il répété, proposant de donner à la Banque d'Angleterre le pouvoir de limiter l'endettement des banques.

Fidèle à son image de "modernisateur", il a assuré vouloir être "aussi radical dans les réformes sociales que Margaret Thatcher l'a été dans les réformes économiques", se fixant pour but de réduire la "fracture" de la société britannique, caractérisée notamment par une hausse de la criminalité chez les jeunes.

Il est cependant resté fidèle à l'euroscepticisme traditionnel des Tories, promettant de "faire campagne avec toute notre énergie" pour un référendum sur le traité européen de Lisbonne, pourtant ratifié par voie parlementaire, si son parti revient au pouvoir.
  

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