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Jaruzelski se défend sur la loi martiale lors de son procès

Lors de la troisième audience, l'ex-dirigeant polonais a déclaré que la proclamation de la loi martiale avait été un mal nécessaire. Il a en outre dit que les poursuites engagées contre lui répondaient à des mobiles politiques.

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VARSOVIE, 2 octobre (Reuters) - Le général Wojciech Jaruzelski, dernier dirigeant communiste de la Pologne, a déclaré jeudi que sa décision, en 1981, de proclamer la loi martiale avait été un mal nécessaire qui avait évité une catastrophe et préparé l'avènement de la démocratie.

 

Lors de la troisième audience d'un procès reporté à plusieurs reprises, Jaruzelski, âgé aujourd'hui de 85 ans, a en outre dit que les poursuites engagées contre lui et sept autres anciens responsables communistes était empreintes de parti pris et répondaient à des mobiles politiques.

 

Ils sont accusés de proclamation illégale de la loi martiale et de graves violations des droits de l'homme.Le général Jaruzelski a souvent fait valoir que sa décision avait épargné à la Pologne une intervention soviétique du type de celles qui ont écrasé le soulèvement hongrois, en 1956, et le 'printemps de Prague', en 1968.

 

Sous la loi martiale, maintenue jusqu'en 1983, des dizaines de personnes ont été tuées, des centaines d'autres emprisonnées tandis que le syndicat indépendant Solidarité était interdit.Jaruzelski, qui était Premier ministre et chef du Parti ouvrier unifié polonais (Poup), a engagé des discussions avec les dirigeants de Solidarnosc après la levée de la loi martiale, processus qui déboucha sur la chute du communisme en 1989. Président lors de la période de transition, il céda le pouvoir en 1990.


L'Institut national du souvenir (IPN), qui conserve les dossiers de l'époque communiste, accuse le gouvernement de
Jaruzelski d'avoir constitué un "groupe criminel".

S'exprimant d'une voix forte, interrompue par quelques quintes de toux, Jaruzelski a dit regretter les souffrances des
Polonais sous la loi martiale.


"Je ne prétends pas avoir été ce que je n'étais pas. J'étais proche de l'idéologie du socialisme mais j'étais de plus en plus
conscient de la nécessité de changer le système (...) tout en préservant l'intégrité territoriale de la Pologne", a-t-il dit.


Il a affirmé que la victoire de Solidarnosc avait été rendue possible par les décisions "pragmatiques" qu'il a prises pendant et après la loi martiale. Il a formulé l'espoir que son procès aiderait les Polonais à surmonter leurs désaccords sur leur histoire récente, soulignant que tout n'est pas "blanc ou noir".


On ignore combien de temps durera le procès. De nombreux reports de procédure sont à prévoir, auxquels s'ajoutent les
problèmes de santé liés au grand âge des accusés. "Je ne sais pas lequel d'entre nous, s'il y en a un, sera encore là à la fin de ce procès", a ainsi noté le général Jaruzelski.

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