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Wall Street finit en petit repli, dans l'attente de décisions du G7

Wall Street a clôturé en légère baisse après avoir fortement réduit les pertes accumulées durant la journée. Les acteurs financiers attendent à présent la tenue du G7, réunion des sept pays les plus industrialisés à Washington.

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Paniqués, les marchés financiers ont poursuivi leur chute vertigineuse vendredi, au terme d'une semaine noire, s'enfonçant davantage dans un krach historique et accroissant la pression sur les grands argentiers du G7 réunis à Washington pour trouver un front commun.

De Tokyo à New York, en passant par Paris, les opérateurs ont observé, impuissants, la peur et l'irrationnel s'emparer des marchés, affolés par l'absence de perspectives.

La déroute des marchés a accru encore la pression sur la réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni), qui a débuté à Washington.

La rencontre doit déboucher sur la publication d'un communiqué commun attendu aux alentours de 23H00 GMT et qui sera guetté par la planète entière.

Le G7 étudierait une déclaration de principes et de moyens communs pour sauver les banques et éviter la faillite des plus importantes, selon une source européenne.

Parallèlement, l'Europe semble enfin prête à travailler en commun. Un sommet de crise des dirigeants de la zone euro a été convoqué dimanche à Paris afin de "définir un plan d'action conjoint de la zone euro et de la Banque centrale européenne face à la crise financière".

Ni les baisses de taux d'intérêt, ni les opérations massives de soutien aux banques sur fonds publics et les garanties de dépôts décidées par les gouvernements, ni les appels au calme des grands argentiers internationaux n'ont jusqu'ici réussi à endiguer la panique.

Les investisseurs ont fait peu de cas des propos rassurants du président George W. Bush, qui a promis vendredi que les Etats-Unis allaient "résoudre la crise", sans toutefois présenter de nouveau remède.

La Bourse de New York, après avoir déjà plongé de 7,33% jeudi, a fini en repli de 1,22% seulement, un petit miracle pour l'indice Dow Jones qui avait reculé de près de 8% à l'ouverture.

La séance a été marquée par une volatilité inouïe sur la première Bourse mondiale.

"Il y a des rumeurs qui indiquent que le G7 pourrait aider" à enrayer la crise, "c'est ce qui a soutenu le marché en fin de séance", a expliqué l'analyste Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management.

Les Bourses européennes ont clôturé en très forte baisse, Londres chutant de 8,85% et Francfort de 7,01%. Paris a perdu 7,73%, achevant la pire semaine de son histoire (-22,16% depuis lundi).

Les autres marchés européens --de Madrid à Amsterdam et de Lisbonne à Athènes-- ont subi des pertes semblables, tandis qu'à Moscou, les autorités ont préféré carrément ne pas ouvrir les deux marchés, le RTS et le Micex.

Les grandes Bourses affichent des reculs dignes de la définition informelle du krach --une baisse des cours de plus de 20% en quelques jours-- qui justifient les comparaisons avec les crises de 1929 et 1987.

"C'est la panique, tout devient absurde, les gens vendent même les vaches sacrées" (valeurs refuges), a témoigné le directeur des ventes de la salle des marchés "Global Equities" à Paris, Xavier de Villepion.

Cauchemar général en Asie également. En clôture, Tokyo a subi une nouvelle chute historique de 9,62%, Hong Kong a perdu 7,2%, Sydney et Manille 8,3%, Singapour 7,34% et Bangkok 9,61%.

Pour Hiten Agarwal, de la maison de courtage Angel Broking, à Bombay,   "c'est un bain de sang et on est très mal à l'aise parce que les marchés mondiaux ne réagissent pas aux mesures prises par les autorités monétaires et politiques".

Depuis le début de l'année, les principales bourses américaines, européennes et japonaises ont perdu près de la moitié de leur valeur.

L'effervescence boursière tranche avec la paralysie du marché interbancaire, qui manque toujours désespérément de liquidités. Echaudées par les déboires de grands établissements financiers, les banques continuent en effet d'ignorer les injections massives de liquidités par les Banques centrales.

Pour tenter au moins d'endiguer les mouvements spéculatifs qui attisent l'instabilité des marchés, l'autorité boursière italienne (Consob) a pris une mesure radicale en interdisant les ventes à découvert sur les actions (spéculation à la baisse) jusqu'à fin octobre. Le Danemark a voté une loi interdisant également ces ventes de façon provisoire.

Après des semaines de zizanie et d'initiatives en ordre dispersé, les dirigeants européens pourraient se rapprocher d'une initiative commune de grande envergure, faisant écho au plan Paulson de 700 milliards de dollars annoncé la semaine dernière par les Etats-Unis.

"Nous sommes en train de travailler sur quelque chose", sur "la possibilité d'avoir un plan européen" d'action, a déclaré un haut responsable européen, en soulignant qu'il devrait s'inspirer du plan de sauvetage présenté par Londres.

Les autorités allemandes, qui rejetaient jusqu'à présent tout plan de sauvetage global des banques, ont assoupli leur position vendredi soir, ouvrant la porte à une action concertée européenne. "Il faut arrêter avec les solutions au cas par cas", a déclaré le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a appelé à suivre l'exemple du Royaume-Uni dans son plan "révolutionnaire" visant à secourir le système bancaire par le biais de nationalisations partielles.

En attendant, les grands argentiers du G7 réunis à Washington auront du mal à parler d'une seule voix, tant les remèdes pour affronter la crise divergent d'un pays à l'autre.

La ministre française de l'Economie Christine Lagarde a d'ailleurs estimé qu'il ne fallait pas s'attendre à ce que le G7 débouche sur "une réponse harmonisée" qui serait "la même pour tout le monde".

Outre le G7 financier et un possible G8, Washington accueillera à partir de samedi des réunions du G20, rassemblant les ministres et banquiers centraux des principaux pays riches et émergents, et les réunions d'automne du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.

Le temps presse. La menace d'une contagion de la crise financière à "l'économie réelle" se précise.

La crise du crédit affecte déjà les secteurs du bâtiment et de l'automobile, qui commencent à détruire des emplois, en Amérique du Nord comme en Europe.

Selon des analystes parisiens, la paralysie du marché interbancaire pourrait aussi provoquer des faillites d'entreprises en chaîne.

Autre indicateur des craintes de récession, les cours de l'or noir chutent. Moins de croissance économique signifie moins de demande pour le brut. Le pétrole est passé sous 80 dollars à Londres et à New York, loin de ses records historiques du 11 juillet à plus de 147 dollars.

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