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Mbeki à Harare pour sauver le partage de pouvoir

L'ex-président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur dans la crise du Zimbabwe, est à Harare pour tenter de sauver l'accord de partage du pouvoir entre le chef de l'État Robert Mugabe et son rival Morgan Tsvangirai, signé il y a un mois.

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L'ex-chef de l'Etat sud-africain Thabo Mbeki est arrivé lundi soir au Zimbabwe pour tenter de sauver l'accord de partage du pouvoir, menacé par la décision unilatérale du président Robert Mugabe d'attribuer à son parti les postes clés du futur gouvernement d'union.

M. Mbeki, médiateur mandaté par l'Afrique australe, devrait entamer mardi des discussions avec les différentes parties "seules ou ensemble", avait auparavant annoncé son porte-parole Mukoni Ratshitanga.

Il revient à Harare un mois après avoir arraché la signature d'un accord historique entre le président Mugabe et son rival Morgan Tsvangirai, qui est aujourd'hui au plus mal.

Très attendu par l'opposition, Thabo Mbeki effectuera pour la première fois sa mission de médiateur sans l'étiquette de chef de l'Etat, à laquelle il a été forcé de renoncer à la fin septembre par son propre parti, le Congrès national africain (ANC).

"Nous espérons que le médiateur va débloquer cette impasse pour qu'on puisse aller de l'avant", a déclaré Nelson Chamisa, le porte-parole du principal parti d'opposition le Mouvement pour le changement démocratique (MDC).

"Chaque parti va donner son point de vue sur les négociations et le médiateur, M. Mbeki, va aider à résoudre toutes les questions importantes", a renchéri le porte-parole d'une faction dissidente du MDC, Edwin Mushoriwa.

Sa visite intervient dans un contexte particulièrement tendu: M. Mugabe a semblé lundi défier un peu plus ses rivaux en installant ses deux vice-présidents, même si la reconduction dans leurs fonctions de Joyce Mujuru et Joseph Msika est conforme à l'accord.

"Les nominations ou les actions qui ne répondent pas aux souffrances du pays n'ont aucun sens", a commenté Nelson Chamisa. Et d'ajouter: "Toutes les nominations effectuées par M. Mugabe qui ne sortent pas le pays du marasme économique actuel sont futiles."

La publication samedi dans la presse d'Etat de la répartition des ministères avait déjà provoqué la colère de l'opposition qui avait aussitôt dénoncé "l'arrogance" du l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir) et menacé de rompre l'accord.

"Nous renégocierons jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé, mais cela ne signifie pas que nous transigerons pour leur faire plaisir", avait déclaré dimanche le leader du MDC Morgan Tsvangirai, qui devrait devenir Premier ministre du gouvernement d'union dont Mugabe doit rester président.

La répartition décidée par Robert Mugabe ne concède à l'opposition que des postes de moindre importance, tandis que la Zanu-PF obtient la Défense et l'Intérieur, les Affaires étrangères, l'Information et le Gouvernement local. Seul le portefeuille des Finances reste soumis à l'arbitrage du médiateur.

L'Union européenne a condamné lundi cette "décision unilatérale" et menacé d'adopter de nouvelles sanctions contre le Zimbabwe si le président ne respectait pas l'accord du 15 septembre.

Celui-ci visait à mettre un terme à la crise née de la défaite du régime aux élections générales de mars, qui s'était aggravée avec la réélection contestée en juin du président Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir, lors d'un scrutin boycotté par le MDC sur fond de violences.

Fin juillet, l'opposition et la Zanu-PF ont entamé des négociations afin de sortir le pays de la paralysie politique, doublée d'une crise économique sans précédent.

Dans cet ancien grenier à blé de la région, l'économie est aujourd'hui en ruine et près de la moitié des habitants sont menacés de famine. Le Zimbabwe connaît le plus fort taux d'inflation au monde, à 213 millions pour cent, et a introduit lundi des nouveaux billets de 50.000 dollars pour contrer la pénurie de liquide.

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