Accéder au contenu principal

Les Tchèques divisés au sujet de la polémique sur Kundera

L'information d'un rapport de la police communiste de Prague rapportant que l'écrivain Milan Kundera aurait dénoncé un déserteur en 1950 suscite des interrogations dans le monde culturel tchèque alors que d'autres refusent de se prononcer.

PUBLICITÉ

A lire également sur les Observateurs : "Je ne pense pas qu'il soit un saint et je crois plausible qu'il ait collaboré", Miloslav Kominek.

 

La publication d’un rapport de la police communiste tchécoslovaque daté de 1950 dans lequel le célèbre écrivain Milan Kundera apparaît comme un informateur a provoqué un choc en République tchèque. L’affaire était en première page des principaux quotidiens nationaux ce mardi, avec les réactions de plusieurs personnalités tchèques.

 

Pour l’écrivain et ancien dissident Ivan Klima, qui s'exprime dans le quotidien "Dnes", "Kundera était alors très jeune et l’époque était différente (...) mais l’œuvre de Kundera restera, et ce sera aux gens de la juger".

 

Depuis que Milan Kundera écrit ses livres en français, leurs traductions en tchèque ne sont publiées qu’au compte-gouttes, l’auteur estimant être le seul à pouvoir les traduire dans sa langue maternelle. Selon Ivan Klima cependant, "il est difficile de dire si ce n’est pas sa conscience qui l’empêche de publier ses livres ici".

 

Les relations entre l’auteur de "L’insoutenable légerté de l’être" et son pays natal ont toujours été très compliquées, même depuis la chute du communisme. "Il serait intéressant de savoir si c’est la raison pour laquelle il s’est coupé de sa patrie", avance le dramaturge Jiri Pittermann dans le quotidien "Lidove Noviny".

 

"Une exécution publique"

 

Certains refusent pourtant de le juger. "Je ne crois pas à cette histoire de Milan Kundera l’informateur et je ne prendrai pas part à cette exécution publique", a indiqué à "Dnes" la réalisatrice Vera Chytilova, ancienne élève de l’écrivain à l’école de cinéma de Prague.

 

Le procès-verbal, daté du 14 mars 1950, mis en ligne par l’Institut tchèque pour l’étude des régimes totalitaires, identitifie clairement Milan Kundera, avec date et lieu de naissance, comme un étudiant qui est venu spontanément informer la police qu’un agent de l’Ouest était en mission à Prague.

 

Suite à cette dénonciation, Miroslav Dvoracek a été arrêté et a purgé une peine de 14 ans dans des mines d’uranium, avant d’émigrer en Suède. Interrogée par FRANCE 24, son épouse Marketa Dovoracek-Novak estime que son mari a vécu l’enfer et que "cela ne fait pas vraiment de différence si l’informateur était une personne très célèbre ou pas". Selon elle, il reste à prouver que le document est un vrai.

 

Milan Kundera a démenti en bloc, qualifiant les accusations portées contre lui de "purs mensonges".

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.