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Grand bruit autour des sifflets pendant la Marseillaise

"Toute personne sifflant la Marseillaise ne devrait pas être ici", indique une réaction d'un internaute. Le chercheur Christophe Bertossi nuance : "Ce n'est pas parce qu'ils sifflent la Marseillaise qu'ils n'aiment pas la France."

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A lire aussi sur le site des Observateurs de FRANCE 24: le témoignage d'un spectateur présent au Stade de France.

 

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Skander Gafsi, jeune Français d’origine tunisienne, a assisté au match amical, mardi soir au Stade de France. " Ben Arfa a été particulièrement sifflé. J’ai eu mal pour lui. Je préfèrais qu’on ne lui passe pas la balle", raconte-t-il. " J’ai chanté les deux hymnes, je voulais qu’il y ait match nul, 3-3".


Lyes Ben Chedli, né en Tunisie, président du Cercle d’amitié de l’union méditerranéenne (CAUMED) était également au stade. "Je ne me suis aperçu de rien, je n’ai pas entendu les sifflets, je ne l’ai appris que le lendemain dans la presse", rapporte-t-il.

 

Les deux spectateurs n’ont pas vécu le match de la même façon. Mais ce matin, comme beaucoup de Français, ils se sont réveillés avec la gueule de bois, submergés par l’incompréhension et les interrogations. Nombre d'internautes n'ont pas tardé à réagir sur le site de FRANCE 24 ainsi que des sociologues participant au Débat de France24, certains se demandant qui était à l'origine de ces sifflements.


Des Français issus de l’immigration


Depuis les tribunes, Skander Gafsi a différencié deux catégories de personnes. "Il y a ceux qui ont voulu rendre l’humiliation qu’ils subissent au quotidien. Je ne les cautionne pas mais je les comprends car ce sont des gens qui ne sont jamais écoutés, sauf tous les trois ans à un match de foot. Puis il y a ceux qui ont profité de l’occasion pour mettre le bordel."


Lyes Ben Chedli aussi estime qu’il y a eu "des éléments perturbateurs". Mais il précise : "Ce ne sont pas des Tunisiens de Tunisie qui ont sifflé la Marseillaise. D’après mes informations, il s’agit bien de Français issus de l’immigration."


"C’est comme assister à un match entre ton père et ta mère"


La grande majorité des supporters dans le Stade de France - d’une capacité de 80 000 personnes - étaient, mardi soir, des Franco-Tunisiens. "Pour eux, c’est comme assister à un match entre ton père et ta mère. C’est pas évident !", estime Skander Gafsi.


Ce n’est pas la première fois que des sifflets viennent gâcher un match de football. L’équipe de France a déjà connu ce genre d’incidents, en novembre 2007 lors du France-Maroc, et en octobre 2001 lors du France-Algérie.


Face à ce symbole attaqué, un internaute qui a réagi sur le site de FRANCE 24, Alfanor, explique : "Toute personne sifflant la Marseillaise ne devrait tout simplement pas être ici." Une réaction qui n’est pas légitime pour Christophe Bertossi, directeur du programme sur l’immigration à l’Institut français des relations internationales (IFRI) : "C’est un raccourci entre le symbole et ce qu’il représente. Ces personnes ont insulté la Marseillaise parce qu’ils ne s'y identifient pas. Ils n’insultent pas la France, et sont probablement aussi fiers de leur passeport français."


"Des symboles du siècle dernier"


Au-delà du symbole de l’hymne, c’est sa représentation qui semble inadaptée. "Avec la mondialisation et les chaînes panarabes, les jeunes issus de l’immigration se sont rendus compte qu’ils avaient des racines, une culture et un patrimoine", analyse Adnan Azzam, président de l’association "la France qui marche".

 

De fait, le problème d’intégration et la mondialisation ont rendu les symboles identitaires d’autant plus sensibles."En France comme dans d’autres pays européens, on cherche des symboles d’identité nationale auxquels s’accrocher dans une société de plus en plus mondialisée qui nous échappe", souligne Christophe Bertossi.


L'Internaute Humano, qui a aussi réagi sur le site de FRANCE 24  indique : "C'est pas un hasard que tout le Maghreb siffle la Marseillaise dans les stades. Son texte est violant est raciste !" Christophe Bertossi confirme : "Le problème, c’est que ce [les hymnes nationaux, dont la Marseillaise] sont des symboles du siècle dernier : on ne vit plus dans le monde d’Ernest Rénan. Il faut en trouver des nouveaux, plus adaptés aux réalités nouvelles, à nos sociétés multiculturelles."


Mais était-il nécessaire de chanter l’hymne national français ? "Il s’agissait d’une rencontre amicale. Pourquoi alors entonner un hymne qui appelle à la guerre et à porter les armes avant une rencontre amicale ?", s’interroge Adnan Azzam.


Le problème semble loin d’être réglé car les mesures annoncées par le gouvernement français (stipulant l’arrêt des matchs en cas de sifflement de l’hymne national) ne font pas l’unanimité. Si Lyes Ben Chedli trouve ces mesures draconiennes nécessaires, beaucoup restent sceptiques sur l’intervention excessive de l’Etat : "Si le gouvernement français va traiter les Arabes de la sorte, pourquoi s’acharne-t-il alors à créer l’union pour le Méditerranée ? ", s’interroge Adnan Azzam.

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