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UNION EUROPÉENNE

L'Italie et la Pologne veulent bloquer le plan de l'UE sur le climat

3 min

L'Italie et la Pologne ont annoncé au sommet européen leur intention de bloquer le plan de l'Union européenne sur le climat, s'inquiétant des coûts de ce plan pour leur économie fragilisée par la crise financière.

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L'Italie et la Pologne ont annoncé mercredi au sommet européen leur intention de bloquer le plan de l'UE sur le climat si leurs partenaires tentent de forcer un accord d'ici décembre, confirmant les conséquences négatives de la crise économique sur les ambitions européennes.

L'UE veut arriver d'ici fin décembre à un accord politique sur une série de mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des industriels, des transports et des ménages, afin d'arriver en 2020 à une baisse globale de 20% des émissions par rapport à 1990.

Cet accord doit permettre à l'UE de "montrer l'exemple" au reste du monde lors des négociations internationales sur le climat de décembre 2009 à Copenhague.

Mais ces derniers temps, plusieurs pays se sont publiquement inquiétés des coûts de ce plan pour leurs économies fragilisées par la crise financière et le ralentissement de leur économie.

Du coup, le chef de l'Etat français et président en exercice de l'UE, Nicolas Sarkozy, devait demander mercredi soir à ses homologues européens réunis en sommet à Bruxelles s'ils étaient toujours d'accord sur ces objectifs et sur les moyens proposés pour les atteindre.

Or la Pologne a dit dès l'ouverture du sommet que la date de décembre lui posait désormais problème, et qu'elle voulait poursuivre les discussions sur le plan européen au premier semestre 2008, lorsque la présidence tournante de l'UE passera à la République tchèque.

"C'est un jeu de poker dans lequel la Pologne est prête à poser son veto s'il y a une tentative de nous imposer un accord sur le paquet climatique" dès le mois de décembre, a déclaré aux journalistes le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski.

Juste avant le dîner partiellement consacré au plan climat, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a lui aussi annoncé son intention de bloquer le plan, en raison de son coût et de la crise financière.

"J'ai annoncé mon intention de mettre mon veto. La Pologne s'est mise avec nous", a-t-il déclaré au cours d'un point de presse.

"Nos entreprises ne sont absolument pas en mesure aujourd'hui de supporter les coûts de la réglementation proposée", a expliqué M. Berlusconi.

"Les engagements pris sont confrontés à la crise. Nous ne croyons pas que le moment est venu de faire les Don Quichotte, d'aller seuls alors que les pays gros producteurs de CO2 comme les Etats-Unis ou la Chine sont absolument contre une adhésion à notre projet", a-t-il ajouté.

"En ce moment de crise, il faut avoir comme on dit en français +un peu de souplesse+. Il faut tenir les objectifs, mais les appliquer plus tard dans le temps, quand la crise sera passée", a-t-il soutenu.

Dans ses projets législatifs, la Commission européenne propose notamment de mettre aux enchères chaque tonne de CO2 émise par l'industrie lourde --40% des 2,2 milliards de tonnes émises chaque année par l'Union-- à compter du 1er janvier 2013 et de consacrer les fonds ainsi recueillis à la transition vers une énergie propre.

La Pologne, dont la production d'électricité dépend à 90% de l'exploitation très polluante du charbon, juge ce plan trop coûteux pour son économie. Elle réclame des aménagements particuliers.

Silvio Berlusconi a pour sa part jugé "ridicule" le principe des enchères. "Cela reviendrait à créer un marché financier sur des titres toxiques", a-t-il ironisé.

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