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Un sommet pour remédier à la crise financière

Les pays de l’Est grincent des dents alors que s’ouvre mercredi un sommet européen à 27. Car le plan de sauvetage adopté par les 15 membres de la zone euro ne propose aucun principe de solidarité européenne.

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C’est peut-être le sommet de la rébellion des pays de l’Est qui s’ouvre mercredi à Bruxelles. Quelques jours après la réunion de l’Eurogroupe sur la crise financière, le sommet européen affiche pourtant un objectif  "simple" : "transposer à 27 ce que nous avons adopté dimanche" à 15, affirme la présidence française de l’Union européenne.

La boîte à outil européenne mise en place à 15 pour lutter contre la crise ne propose cependant aucun principe de solidarité européenne. Les plans de recapitalisation des banques et de garantie des dettes interbancaires au plan national ne sont d’aucune aide aux pays hors de l’Eurozone, car ils ne disposent pas des moyens de se sauver eux-mêmes.

En effet, les pays de l'Est ont souvent une balance des paiements déficitaire, dépensant plus d’argent qu’ils n’en gagnent. Avec leur main d’œuvre bon marché, ils ont attiré massivement les capitaux étrangers. Mais en cas de crise du crédit et de récession économique, ces flux faiblissent, voire s'inversent. C’est ce qui s’est passé en Hongrie, dont la devise a brusquement perdu 10% entre jeudi et vendredi.

Les trois pays baltes, eux, ont rapidement modernisé leur économie mais le déficit de leur balance des paiements atteint toujours 10 % du produit national brut (PNB). C'est aussi le cas de la Bulgarie et de la Roumanie, des pays entrés en 2007 dans l'Union européenne qui sont pauvres et mal gérés.

 

La Hongrie préconise une solidarité européenne


Hors de la zone euro, les pays de l’Est, mais aussi le Danemark et la Suède, dont les taux de change varient énormément, s’inquiètent que les 15 s’appliquent la doctrine de la concurrence avec indulgence (pour recapitaliser leur banques) et assouplissement le pacte de stabilité à leur seul profit. Pendant ce temps, ils seraient contraints de respecter les règles européennes à la lettre.

Frappée par une crise économique, la Hongrie s’est vue renvoyée aux prêts du Fonds monétaire international (FMI). Une humiliation pour une économie développée membre de l’UE.

Au sommet de mercredi,  elle envisage de proposer de nouvelles mesures. Elle exige notamment qu'en période de crise, le déficit public de tous les Etats membres puisse dépasser le seuil maximal autorisé de 3% du produit intérieur brut (PIB) de déficit, une exigence dictée par le pacte de stabilité.

La Hongrie, qui a ramené l'an dernier son déficit public à 3,8%, après un pic de 9,2% en 2006, a montré ces derniers jours des signes d’une vulnérabilité particulière face à la crise. Elle suggère en outre que la Banque centrale européenne (BCE) soit dotée des mêmes outils d'intervention pour tous les pays membres de l'UE, qu'ils soient membres ou non de la zone euro.

La crise économique a pour effet qu’il sera de plus en plus difficile d’entrer dans la zone euro, à l’avenir, pour chacun des douze pays qui le voudraient.

Egoïsmes nationaux

Le gouvernement danois se plaint de ne pas faire partie de cette zone, qui l’aurait protégée de toute tempête financière sur sa monnaie. Pourtant les Danois avaient refusé d’y entrer à la suite du rejet, par référendum, du traité de Maastricht en 1992.

 
Les pays de l’Est ont l’obligation de tout tenter pour entrer dans l’Eurozone : c’est dans leur traité d’adhésion. Mais peuvent-ils imposer à leur peuple de se serrer la ceinture  d’avantage ? Le prochain entrant devrait être la Slovaquie en 2009. La Pologne, qui s’est déjà engagée à réunir les critères d’adhésion à l’euro en 2012, annonce d’ores et déjà qu’elle n’y parviendra pas. La République Tchèque, qui n’a pas de date d’entrée, semble de plus en plus perplexe, alors qu’elle s’apprête à prendre la présidence tournante de l’UE dès janvier 2009.

De grosses discussions sont donc en perspective au sommet des 15 et 16 octobre, entre les 15 membres de l’Eurozone - alliés au Royaume-Uni - et les pays de l’Est qui se plaignent des égoïsmes nationaux.

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