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Bush invite son successeur à réformer le système financier

George W. Bush admet la nécessité d'une réforme de la réglementation américaine en matière de finances, relayant les appels de l'UE en faveur d'un nouveau système financier. Cette tâche doit être "l'une des toutes premières priorités".

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Le président George W. Bush a de nouveau tenté vendredi de redonner confiance dans l'économie américaine en assurant que les mesures prises par son administration face à la crise finiraient par produire leur effet, malgré la poursuite des mauvaises nouvelles.

Dans un discours prononcé à Washington à la veille de recevoir des Européens qui poussent à une refondation du système financier international, M. Bush a admis la nécessité d'une réforme de la réglementation américaine. Mais, à trois mois de quitter la Maison Blanche, il a laissé cette tâche à son successeur, dont elle devra être "l'une des toutes premières priorités".

Au même moment, le tableau de bord de l'économie américaine continuait à émettre des signaux d'alerte. La Bourse de New York a ouvert en nette baisse après le discours de M. Bush: le Dow Jones perdait 2,17% et le Nasdaq 2,15%, avant de revenir à l'équilibre en fin de matinée.

Vingt quatre heures après l'annonce que la production industrielle avait accusé en septembre sa baisse la plus forte depuis décembre 1974, de nouveaux chiffres officiels confirmaient la poursuite de la dégringolade des constructions de logements; les mises en chantier ont encore baissé en septembre, touchant leur plus bas niveau depuis janvier 1991, alors qu'une stabilisation de l'immobilier est jugée essentielle pour que le pays sorte de la crise.

Et un indice respecté fourni par l'université de Michigan indiquait que la confiance du consommateur américain avait reculé en octobre.

Dans un discours devant la Chambre de commerce américaine, M. Bush a reconnu que l'économie américaine était confrontée à une "crise extraordinaire".

Mais il a fait valoir que, pour y faire face, son administration avait pris des mesures "extraordinaires" auxquelles lui-même n'aurait pas consenti si la situation n'avait été aussi "grave".

Dans ce discours d'"explication" selon ses propres mots, M. Bush a admis que les dispositions "agressives" prises par son gouvernement, comme un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars en faveur des banques, avaient besoin de "temps pour avoir leur plein impact".

"Il a fallu un moment pour que le marché du crédit se bloque, il va falloir un moment pour que le système se débloque", a-t-il reconnu.

Mais les mesures de son administration sont "assez larges et assez audacieuses pour marcher, et les Américains peuvent avoir confiance dans le fait qu'elles vont marcher", a-t-il assuré.

A la veille de recevoir le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays exerce la présidence tournante de l'Union européenne, et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, M. Bush a reconnu que de nouvelles règles financières s'imposaient.

Les Européens font pression sur les Américains pour qu'ils acceptent une refondation du monde financier, une espèce de nouveau "Bretton Woods", du nom des accords signés en 1944 qui ont façonné le système financier après la Deuxième Guerre mondiale. Ils proposent de donner un rôle de supervision mondiale au Fonds monétaire international (FMI).

M. Sarkozy voudrait qu'une telle refondation commence lors d'un sommet international qui se tiendrait de préférence en novembre et à New York.

M. Bush a reconnu que les règles en vigueur aujourd'hui dataient d'un autre siècle. Mais il a semblé limiter son propos au système financier américain et a dit qu'il appartiendrait à son successeur d'en moderniser les règles.

"En même temps que nous nous efforçons de résoudre la crise actuelle, nous devons nous efforcer de faire en sorte que cette situation ne se reproduise jamais", a-t-il dit.

Il a invoqué les propositions déjà présentées par son secrétaire au Trésor Henry Paulson pour moderniser la réglementation américaine.

Inscrire dans la loi les idées de M. Paulson et d'autres "doit être l'une des toutes premières priorités du prochain président et du prochain Congrès", a-t-il dit.

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