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Le patron de Taser France mis en examen

Le directeur de Taser France, Antoine Di Zazzo (photo), et six autres personnes ont été mises en examen, jeudi soir, dans l'enquête sur une surveillance illicite d'Olivier Besancenot, fervent opposant au pistolet à impulsion électrique.

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Sept personnes, dont le directeur de Taser France et des policiers, ont été mises en examen jeudi dans l'affaire d'espionnage présumé du porte-parole de la LCR, Olivier Besancenot, qui est en conflit ouvert avec l'importateur du pistolet à impulsion électrique.

L'affaire avait débuté en mai avec la révélation par l'hebdomadaire l'Express que la vie du porte-parole de la LCR (Ligue communiste révolutionnaire) avait été "épiée, disséquée, mise en fiches par une officine de renseignement privée" entre octobre et janvier 2008.

Le parquet de Paris avait ouvert alors cette enquête à la suite d'une plainte contre X d'Olivier Besancenot pour "atteinte à la vie privée, atteinte aux droits des personnes pouvant résulter des fichiers et traitements informatiques et violation du secret professionnel".

Antoine Di Zazzo, directeur de Taser France, les deux membres de l'agence de détectives Dussaucy, soupçonnée d'avoir mené les investigations contre le dirigeant trotskiste, et un ancien policier ont été mis en examen par les juges Nicolas Aubertin et Jeanne Duyé pour "complicité par instruction".

Deux policiers et un douanier ont été mis en examen pour "violation du secret professionnel", "détournement de finalités de données", "divulgation intentionnelle de données confidentielles" et "accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données".

Placés en garde à vue mardi, tous ont été remis en liberté et assujettis à un contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du parquet. Les modalités du contrôle judiciaire n'ont pas été précisées.

Le maximum des peines encourues pour ces chefs est de cinq ans d'emprisonnement et de 375.000 euros d'amende.

Joint par l'AFP à sa sortie du cabinet des juges, M. Di Zazzo a juste indiqué qu'il ne "souhaitait parler que de la commercialisation du produit (le pistolet Taser, ndlr) et pas de tout ce cirque".

Les investigations et perquisitions menées par les enquêteurs ont jusqu'à présent permis de resserrer l'étau sur SMP Technologies, qui commercialise le pistolet à impulsion électrique Taser dont sont équipés les policiers, gendarmes et depuis peu les policiers municipaux.

Un compte-rendu détaillé des filatures et surveillances dont ont été l'objet M. Besancenot et son proche entourage entre octobre 2007 et janvier 2008 a ainsi été saisi au siège de SMP Technologies, à Paris.

A l'agence Dussaucy, les policiers ont mis la main sur une clé USB dont le contenu avait été effacé mais qui a pu être reconstitué: il s'agissait de photos du dirigeant de la LCR et de sa compagne prises lors de filatures.

Deux virements de SMP Technologies vers le cabinet Dussaucy, l'un de 4.000 euros, l'autre "plus conséquent de plusieurs milliers d'euros", ont également été identifiés. Des relevés d'écoutes téléphoniques permettraient en outre de relier SMP Technologies à l'agence de détectives, selon une source proche du dossier.

M. Di Zazzo doit retrouver M. Besancenot lundi lors d'une audience civile au tribunal de grande instance (TGI) de Paris.

Le dirigeant de SMP Technologies attaque pour "diffamation" le dirigeant de la Ligue, qui avait contesté, lors de la campagne pour l'élection présidentielle 2007, le caractère "non létal" du Taser.

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