Accéder au contenu principal
PHYSIQUE - SUISSE

Le Cern inaugure le grand collisionneur malgré sa panne

3 min

Le Large Hadron Collider, ou LHC, est inauguré avec faste par le Cern, malgré une panne qui a contraint les scientifiques à l'arrêter. Ce joyau scientifique doit permettre de mieux connaître les conditions de naissance de l’univers.

Publicité

L'Organisation européenne de recherche nucléaire (Cern) a décidé de garder la tête haute et d'inaugurer mardi avec faste l'accélérateur de particules le plus puissant au monde, le LHC, malgré sa mise à l'arrêt pour plusieurs mois.

Alors que nombre de chefs d'Etat ont été invités pour l'évènement, les vingt pays membres de l'organisation ont choisi d'envoyer des ministres pour les représenter. La France a délégué son Premier ministre François Fillon alors que le Cern espérait jusqu'à la dernière minute la présence du président Nicolas Sarkozy.

Seule la Suisse sera représentée au plus haut niveau par le président de la Confédération Pascal Couchepin, selon les dernières informations du Cern.

Par ailleurs, huit pays observateurs seront représentés ainsi que douze autres invités pour une fête où ont été conviés quelque 3.000 personnes.

Mais l'enthousiasme qui avait accompagné le lancement le 10 septembre du Grand collisionneur de Hadrons risque de manquer, le clou du spectacle ne fonctionnant déjà plus depuis un mois.

En effet, l'instrument physique le plus pointu au monde qui doit permettre de percer les secrets de la formation de l'univers en faisant se percuter à la vitesse de la lumière des protons, a été arrêté quelques jours seulement après son lancement, en raison de deux pannes successives.

La première survenue sur un transformateur électrique après seulement 48 heures de fonctionnement a pu être réparée rapidement.

Le deuxième incident s'est en revanche avéré plus grave et plus lourd de conséquence.

Selon les résultats des investigations menées par le Cern et publiées jeudi, c'est une "connexion électrique défectueuse" entre deux aimants supraconducteurs qui a provoqué une fuite d'hélium et conduit à l'arrêt total des expériences sur le circuit de 27 km enfoui à 100 mètres sous terre à la frontière franco-suisse.

Le Cern assure disposer des éléments pour procéder aux changements des aimants "dipôles et quadripôles" qui ont grillé. Mais l'intervention est contrainte par la température proche du zéro absolu (-271,3°) du circuit.

Pour être réparé, l'accélérateur doit être remis lentement à température ambiante, un processus de plusieurs semaines. Une fois les réparations effectuées, il devra être à nouveau refroidi, ce qui nécessite également plusieurs semaines.

Au final, l'accélérateur ne pourra reprendre son service avant la pause générale d'hiver, prévue en novembre pour la maintenance de la machine et qui doit durer jusqu'en avril prochain.

"Bien que le réaménagement du calendrier soit à n’en pas douter une déception, on peut considérer que quelques semaines de plus est un temps modeste pour un projet qui est le fruit de deux décennies de travail", a tempéré le directeur général du Cern, Robert Aymar.

"Ce sont les aléas de la physique expérimentale menée aux extrêmes limites de la connaissance et de la technologie", a-t-il insisté.

Il est vrai que la construction pharaonique de l'instrument de physique le plus précis au monde a déjà pris plus de douze ans et mobilisé 7.000 physiciens, pour un montant non moins faramineux de 3,76 milliards d'euros.

Il n'en reste pas moins que la panne est "un coup dur" pour l'organisation d'autant plus que la première journée de fonctionnement s'est révélée inespérée, a reconnu le responsable du projet Lyn Evans.

"On a fait en une heure ce que l'on prévoyait de faire en quatre jours", a-t-il expliqué.

A défaut de voir des protons en mouvement dans ce qui reste le "bijou" du Cern, les invités pourront se consoler avec un buffet moléculaire concocté par le célébre chef catalan Ferran Adria et l'Italien Ettore Bocchia. 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.