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CRISE FINANCIÈRE

Proche de la banqueroute, le Pakistan en appelle au FMI

3 min

Le Pakistan et le Fonds monétaire international (FMI) ont entamé des pourparlers sur une aide d'urgence qui permettrait au pays de faire face à la crise financière ainsi qu'à la flambée des prix de l'alimentation et du pétrole.

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Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé mercredi que le Pakistan, qui risque la cessation de paiements, lui avait réclamé son assistance financière, et que des discussions pourraient déboucher sur un prêt en urgence.

"Les autorités pakistanaises ont demandé des discussions avec le FMI en vue d'un programme économique soutenu par l'assistance financière du Fonds pour s'attaquer aux difficultés de la balance des paiements que connaît le pays, à cause des prix élevés de l'alimentation et du pétrole et de la crise financière mondiale", a indiqué le directeur général du Fonds, Dominique Strauss-Kahn, dans un communiqué.

"Une mission du Fonds va ouvrir ces discussions avec les autorités dans les prochains jours au sujet d'un programme visant à renforcer la stabilité économique et la confiance dans le système financier", a-t-il poursuivi.

M. Strauss-Kahn a ajouté que le montant de l'aide "rest(ait) à déterminer" et que le Pakistan pourrait bénéficier du "mécanisme de financement d'urgence" du FMI.

La Géorgie --environ 36 fois moins peuplée que le Pakistan-- y avait eu recours en septembre, à hauteur de 750 millions de dollars, après l'entrée des forces russes sur son territoire.

Des responsables pakistanais ont rencontré à Dubaï mercredi des représentants du FMI, ont indiqué des sources proches des négociations à l'AFP.

Le Pakistan souffre à l'extérieur de la flambée des prix des matières premières et est miné à l'intérieur par l'instabilité politique et les violences.

Selon un rapport du FMI publié lundi, les réserves actuelles en devises étrangères ne peuvent couvrir les besoins du pays que pour les six semaines à venir. Le nouveau gouvernement civil du Pakistan a admis que des mesures d'urgence étaient nécessaires.

Les réserves en devises étrangères ont fondu de 14,3 à 4,7 milliards de dollars entre juin 2007 et septembre 2008, la roupie a perdu 25% de sa valeur depuis le début de l'année, et la Bourse de Karachi 35%, selon ce rapport.

Les agences de notation financière estiment le risque de défaut de paiement sur la dette de l'Etat pakistanais comme réel, ayant classé ses emprunts dans la catégorie "spéculative".

Shaukat Tareen, conseiller financier du Premier ministre Yousuf Raza Gilani, a indiqué mardi à l'AFP que le pays avait un besoin crucial de trois à quatre milliards de dollars. Un autre haut responsable gouvernemental, parlant sous couvert de l'anonymat, a indiqué que le Pakistan tenterait d'obtenir du FMI "au moins quatre milliards de dollars".

Le Financial Times a évoqué mardi une aide de 10 à 15 milliards de dollars, combinant un prêt du FMI, et des contributions de la Banque Mondiale, de la Banque asiatique de développement et de divers donateurs dont l'Arabie Saoudite.

Le Pakistan, pays très pauvre de 168 millions d'habitants, frappé par une vague d'attentats et où l'armée lutte contre des groupes islamistes le long de la frontière avec l'Afghanistan, est considéré comme stratégique par la communauté internationale, en raison de son rôle d'allié des Etats-Unis dans leur "guerre contre le terrorisme" et en tant que seule puissance nucléaire musulmane.

En un peu plus d'un an, les attentats islamistes ont fait plus de 1.200 tués.

Avec l'aggravation de la crise financière, le Pakistan n'est pas le seul pays auquel le FMI pourrait apporter son aide. L'Ukraine négocie actuellement un prêt qui pourrait atteindre 14 milliards de dollars, l'Islande a indiqué mardi être sur le point d'en obtenir un, le FMI s'étant en outre dit prêt à aider la Hongrie.
 

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