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GÉORGIE

Tbilissi espère une aide de 2,5 milliards d'euros de l'Occident

3 min

Deux mois et demi après le début de la guerre russo-géorgienne, Tbilissi espère récolter, lors de la conférence des donateurs à Bruxelles, quelque 2,5 milliards d'euros d'aide à la reconstruction et à la croissance.

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La conférence des donateurs pour la Géorgie, qui s’est ouverte ce mercredi à Bruxelles, pourrait dégager jusqu’à 2,5 milliards d’euros d’aide à la reconstruction du pays. Autour de la table : quelque 67 pays et les grandes institutions financières internationales - Banque mondiale, Fonds monétaire international (FMI), Banque européenne d'investissement (BEI) et Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

 
La Commission européenne pourrait apporter jusqu'à 500 millions d'euros (soit quatre fois plus que son aide annuelle de 40 millions d'euros). Les Etats-Unis ont, eux aussi, déjà promis un milliard de dollars (700 millions d'euros). Un autre milliard de dollars pourrait être apporté sous forme de prêts par les institutions financières internationales.
 
Une conférence politique ?
 

"Il s'agit de prouver par la générosité des dons et la prise en charge de projets que nous n'oublions rien, et que nous voulons une solution politique" pour les régions séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du sud, a déclaré Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française. "Nous avons à prouver - c'est une preuve politique - que nous sommes aux côtés de la Géorgie", après le conflit du mois d'août qui a vu Moscou s'assurer le contrôle de ces deux territoires, a-t-il ajouté.

 
La Russie, qui n’a pas été conviée, est le grand absent de cette rencontre. Le Premier ministre géorgien Lado Gourguénidzé, figure, lui, parmi les participants.
 
Du coup, cette conférence risque -t-elle d’attiser les tensions entre l’Europe et la Russie ? Non, selon Gauthier Rybinski, spécialiste de politique internationale à FRANCE 24. "Cette conférence est une vieille idée, avancée dès le premier plan de cessez-le-feu à la mi-août. Puisque les Européens n’ont pas réussi à maintenir l’intégrité territoriale de la Géorgie, au moins, qu’ils aident à reconstruire le pays. C’est une sorte de compensation", analyse-t-il.
 
Tout dépend à présent de la teneur de la conférence. "Si la conférence se focalise uniquement sur la somme d’argent à donner à la Géorgie, je ne vois pas pourquoi cela mettrait de l’huile sur le feu", estime Gauthier Rybinski. "En revanche, si les Européens reparlent des observateurs dans les régions de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, là, ça pourrait attiser les tensions."
 
L'alerte de Transparency International
 
La question centrale est de savoir comment cette somme sera allouée et dépensée. L’argent est destiné à des fins "exclusivement civiles", assure la Commission européenne. Elle doit permettre à l'économie géorgienne, très dépendante des investissements étrangers, de revenir d’ici la fin de l’année prochaine à son niveau de croissance d'avant le conflit (environ 10%).
 
Quant aux Abkhazes et Ossètes, ils pourraient théoriquement bénéficier eux aussi d'une partie de l'aide internationale, explique un responsable européen resté anonyme, interrogé par l’AFP. Mais il faudrait pour cela "que les autorités de facto (de ces territoires) en permettent l'accès et qu'elles ne répondent pas simplement: 'la Fédération russe s'occupe de tout, ne vous inquiétez pas'",eplique-t-il.
 
La question de l’allocation des fonds se pose également pour Tbilissi. L’ONG Transparency International alerte ainsi sur le manque d’information concernant cette conférence.
 
L’organisation non-gouvernementale fait remarquer que ni les parlementaires géorgiens ni les responsables locaux géorgiens n’ont été consultés sur les besoins de la population ; que le contenu du rapport de la Banque mondiale et de l’ONU sur les besoins de la Géorgie reste secret ; et que la conférence est fermée à tout responsable géorgien autre que ceux désignés par le gouvernement, et aux observateurs internationaux indépendants.

 

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