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Solana envisage une intervention humanitaire de l'Europe

Alors que Laurent Nkunda, chef rebelle tutsi en RDC, a lancé un ultimatum au gouvernement pour qu'il se sépare des milices hutus, Javier Solana, le chef de la diplomatie européenne, appelle à appliquer au plus vite l’accord de Nairobi.

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Lire aussi notre article: "Les internautes à la recherche des responsables du conflit"

 

Dans un entretien exclusif donné à France 24, Laurent Nkunda, chef rebelle tutsi en République démocratique du Congo, a lancé un ultimatum au gouvernement qu’il accuse d'association avec les hutus. "Nous donnons [au gouvernement]  encore la chance de négocier et de rester au pouvoir, a-t-il déclaré. La seule chose, c'est de se séparer des ses forces négatives [les hutus]".

"A partir du moment où le gouvernement congolais ne veut pas négocier la paix avec son peuple, où le gouvernement congolais utilise les forces négatives étrangères [les hutus] contre son peuple, la seule chose qu’il lui reste à faire c’est de partir", a-t-il indiqué avant de lancer son ultimatum.

"Nous sommes en train de demander au gouvernement de se séparer de ses forces négatives. Le gouvernement a refusé. Il les utilise même comme force supplétive dans les unités gouvernementales. C’est inacceptable !" Et de poursuivre : "Nous accusons notre gouvernement d’avoir trahi son peuple."

"Soirée de sang"

Dans une interview exclusive accordée à FRANCE 24, Javier Solana, le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l'Union européenne a, de son côté, appelé à appliquer le plus rapidement possible l’accord de Nairobi. "Il faut faire des efforts politiques pour mettre en œuvre l’accord de Nairobi. L’accord existe, il n’a jamais été mis en œuvre."

Fin 2007 à Nairobi, la RDC et le Rwanda, soutenus par la communauté internationale, avaient admis que la présence des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) à l’est de la RDC constituait une menace pour la sécurité des deux pays ainsi que pour celle de l’ensemble de la sous-région. En conséquence de quoi, ils avaient décidé de l’extradition des combattants hutus rwandais vers le Rwanda.

En attendant son application réelle, Javier Solana approuve le cessez-le feu unilatéral décrété mercredi par les forces rebelles de Nkunda, bien que cela ne soit pas suffisant pour assurer une paix durable.

De fait, les combats n’ont pas cessé et Nkunda a accusé les forces gouvernementales congolaises de poursuivre les attaques. "Nous avons décidé un cessez-le-feu unilatéral [mercredi] afin de permettre une soirée apaisée, a-t-il déclaré. Malheureusement, elle s'est transformée en une soirée de sang car ce matin, nous avons appris qu'il y avait plus de soixante morts. Plusieurs femmes et filles ont été violées. C'est déplorable."

"Faire appel à tous les pays de la région"

Il est difficile de confirmer le bilan des victimes. Peu après l’annonce du cessez-le-feu, des tirs à l'arme lourde ont en effet retenti à la tombée de la nuit à Goma, ainsi que des tirs d'artillerie à quelques kilomètres de là, près de la frontière du Rwanda. De nombreux habitants ont pris la fuite.

Face la fragilité du cessez-le-feu, Solana envisage une intervention militaire européenne mais strictement limitée à des actions humanitaires. Selon lui, le concours de Bruxelles doit se concentrer sur ce volet en garantissant entre autres "la sécurité de l’aéroport de Goma [capitale de la province du Nord-Kivu, frontalière du Rwanda]" et en envoyant des convois aériens européens.

Vendredi matin, le Comité politique et de sécurité (COPS) composé d’ambassadeurs auprès de l’Union des États membres de l’UE, doivent se rassembler pour statuer sur cette intervention. Solana n’envisage en tous cas ce travail qu’en coordination avec l’ONU.

La Monuc, la plus importante force de maintien de la paix du monde avec 17 000 hommes, est basée principalement dans l'est de la RDC. Mais son chef, Alan Doss, a déclaré que ses forces avaient "atteint leurs limites". "J'espère que nous recevrons des renforts le plus rapidement possible afin que nous puissions remettre le processus de paix sur les rails", a-t-il dit.

Un appui que Solana souhaite voir venir des pays voisins. "Il faut faire appel à tous les pays de la région pour qu’ils s’engagent à éviter l’extension du conflit", a-t-il expliqué.

Le rôle du Rwanda -pays frontalier- dans le conflit est particulièrement controversé. Si le chef rebel a affirmé que "le Rwanda ne nous a jamais soutenu", le chef de la diplomatie de l’Union européenne botte en touche sur la question. "Je ne suis pas en mesure de vous donner une réponse. Ce que je peux dire, c’est qu’il y a des relations, des sympathies, il y a l’histoire…", a-t-il ainsi répondu.
 

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