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Un Bretton Woods bis, pour quoi faire ?

Le président français Nicolas Sarkozy, le Premier ministre britannique Gordon Brown et d’autres chefs d’État et de gouvernement ont appelé à un "nouveau Bretton Woods". Qu'entendent-ils par là ?

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Pour aller plus loin, consultez notre dossier spécial : "Le capitalisme mondial sur la sellette".

 

Le 25 septembre, le président français Nicolas Sarkozy a appelé à "remettre à plat tout le système financier et monétaire mondial, comme on le fit à Bretton Woods après la Seconde Guerre mondiale". Gordon Brown, Angela Merkel et Silvio Berlusconi approuvent, et l’Union européenne dans son ensemble se range derrière le mouvement. Nicolas Sarkozy propose que les grandes lignes de cet accord soient tracées avant une date butoire, "fin novembre".

 

Les dirigeants des pays riches et plus grands pays émergeants se réuniront à Washington le 15 novembre pour un sommet exceptionnel d’une ampleur sans précédent. Ils doivent discuter de la mise en place d’un nouvel ordre financier mondial.

 

Toutefois, les leaders mondiaux ne sont pas forcément tous d’accord sur ce que veux dire "un nouveau Bretton Woods". Certains veulent un retour aux principes d’origine de l’accord signé en 1944. D’autres veulent le réformer en profondeur, pour voir émerger de nouvelles règles. Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne (BCE), est un partisan du retour aux sources : "Peut-être que ce qu’il nous faut est un retour à la discipline instaurée par le premier Bretton Woods", dit-il dans un discours prononcé à New York. Nicolas Sarkozy, au contraire, souhaite un vaste projet de réforme économique. "On ne peut pas continuer à gérer l’économie du XXIe siècle avec les instruments de l’économie du XXe", plaide-t-il le 17 octobre dans le journal québécois "La Presse".

 

L’accord de Bretton Woods, signé durant les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale par 44 pays alliés, a donné naissance dans un premier temps au Fonds monétaire international (FMI), puis dans un deuxième temps à la Banque mondiale. Il tire son nom de la ville américaine du New Hampshire où a eu lieu la réunion des chefs d’Etat alliés.

 

Le professeur Geoffrey Wood, de la Cass Business School à l’université City de Londres, a expliqué à FRANCE 24 qu’un nouveau Bretton Woods était une mauvaise idée. "Ce n’est pas le bon moment pour agir. Ce n’est jamais une bonne idée d’agir trop vite en temps de crise." Interrogé sur la raison pour laquelle les chefs d’Etat mondiaux auraient plébiscité une telle réforme, il a répondu que cela "leur donne le sentiment d’être importants"/

 

En quoi Bretton Woods est-il différent des autres accords survenus après la Seconde Guerre mondiale ?

 

Bretton Woods était l’un des nombreux plans de relance économiques (comme le plan Marshall) qui ont vu le jour après la Seconde Guerre mondiale. Son objectif était non seulement d’éviter de futures Grandes Dépressions, mais aussi de futures guerres mondiales. Son fondateur, Cordell Hull, le secrétaire d’Etat américain de l’époque, était convaincu que la Seconde Guerre mondiale était issue directement d’inégalités économiques en Europe. Il expliqua sa logique dans ses mémoires : "Si nous pouvions créer un flux d’échange plus libre pour qu’un pays ne risque pas d’être jaloux de la prospérité de son voisin et pour que le niveau de vie de tous les pays augmente, nous aurions des meilleurs chances d’obtenir une paix durable." Le prix Nobel de la paix fut accordé à Hull en 1944.

 

Qui a pris part à l’accord de Bretton Woods ?

 

Bretton Woods fut l’équivalent fiscal d’un traité de paix, sauf qu’il s’adressait uniquement aux 44 nations alliées. Cela excluait les pays de l’Axe (Italie, Allemagne, Japon), qui n’ont rejoint le FMI et la Banque mondiale que bien après. L’accord incluait toutefois l’URSS et d’autres pays du bloc de l’Est, ce qui compliqua des choses quand ils se retirèrent du système capitaliste mondial.

 

Quel est l’héritage de l’accord de Bretton Woods ?

 

Le FMI et la Banque mondiale existent toujours. Cependant, le reste de l’accord, qui prévoyait de fixer le taux de change de monnaies, a lui été abandonné. En bref, les Etats-Unis en sont les principaux responsables. L’accord a été écrit à une époque où le dollar était la seule monnaie forte, sa valeur étant elle-même fixée par rapport à un étalon, l’or. Les autres monnaies, fixées sur le dollar, avaient aussi une valeur fixe en or. Au fur et à mesure que d’autres pays se sont développés, le dollar a cessé d’être la seule monnaie stable.

 

L'année 1971 signe la fin de Bretton Woods. Lors de la guerre du Vietnam, les Etats-Unis ont voulu imprimer plus de billets pour financer l’engagement militaire. Une pratique impossible à mettre en œuvre sous le système monétaire de l’étalon-or. Le président Nixon décide donc d'y renoncer, laissant les monnaies de la plupart des pays du monde déconnectées du dollar.

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