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Le trader de la Caisse d'Épargne mis en examen

Soupçonné d'avoir causé une perte de 751 millions d'euros subie par la Caisse d'Épargne entre septembre et octobre, le trader Boris Picano-Nacci, 33 ans, a été mis en examen pour "abus de confiance" et placé sous contrôle judiciaire.

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Le trader de la Caisse d'épargne, soupçonné d'être à l'origine de la perte de 751 millions d'euros subie par la banque, a été mis en examen jeudi soir pour "abus de confiance" et placé sous contrôle judiciaire.

Boris Picano-Nacci, 33 ans, est soupçonné d'avoir outrepassé son mandat en prenant des positions hors normes sur les marchés qui ont conduit à ces pertes entre le 15 septembre et la mi-octobre.

Il a été mis en examen par la juge Xavière Simeoni pour "abus de confiance", un chef passible de trois ans d'emprisonnement et de 375.000 euros d'amende, a-t-on appris de source judiciaire.

Le contrôle judiciaire requis par le parquet comprend une interdiction de quitter le territoire français et d'entrer en contact avec des salariés de la banque.

A l'issue de 36 heures de garde à vue à la Brigade financière, le parquet avait ouvert jeudi en début de soirée une information judiciaire le visant nommément pour ce chef.

La Caisse nationale des Caisses d'épargne et de prévoyance (CNCE) avait déposé plainte vendredi contre X, arguant "d'éléments troublants pouvant revêtir à l'évidence une qualification pénale".

L'avocate du trader, Cécile Bernaille n'a pas fait de déclaration. La CNCE a de son côté pris "acte" de la mise examen et réaffirmé son intention de se constituer "partie civile prochainement", a affirmé dans un communiqué son avocat Jean Reinhart.

M. Picano-Nacci, "bien noté" par sa hiérarchie selon une source proche du dossier, était chargé de la gestion pour compte propre (des fonds appartenant à la banque) sur le marché des dérivés actions.

Avec deux autres collègues, il était censé liquider progressivement son portefeuille d'ici la fin de l'année, le directoire de la banque avait décidé en avril de cesser ces activités d'investissement au 31 décembre.

Le trader a fait valoir en garde à vue qu'il avait été laissé libre d'agir sur les marchés jusqu'au 31 décembre alors que la banque soutient avoir demandé à ses traders de réduire leur exposition au fur et à mesure jusqu'à cette date, selon une source proche du dossier.

Il a également mis en avant la situation exceptionnelle et imprévisible sur les marchés pour expliquer ses déboires : les cours étaient bas, il a parié sur une hausse. Or à partir du 15 septembre, le krach boursier s'est amplifié, a résumé cette source.

"Cette stratégie sera renouvelée plusieurs fois au cours du mois et début octobre, y compris sur des montants exceptionnellement élevés", selon un rapport interne de la banque.

Début octobre, alors que les pertes dépassaient les 100 millions d'euros, le trader assure avoir informé sa hiérarchie mais il aurait, selon la banque, tenté de minimiser les risques par des déclarations "rassurantes" et "mensongères".

La banque n'a finalement soldé les positions du trader qu'entre le 14 et le 17 octobre, enregistrant une perte finale de 751 millions.

L'employé, qui avait présenté sa démission le 13 octobre, fait actuellement l'objet d'une procédure de licenciement ainsi que plusieurs de ses collègues, selon une source proche de la banque.

C'est la deuxième fois cette année qu'un trader se retrouve au centre d'une enquête judiciaire. Interrogés par l'AFP, des protagonistes du dossier ont cependant mis en garde contre tout parallèle avec les agissements de Jérôme Kerviel.

Le trader de la Société générale avait agi sur une période beaucoup plus longue et est soupçonné d'avoir eu recours à des faux pour camoufler son activité, ont-ils dit.
 

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