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Les États-Unis à l'heure du choix

Les électeurs se pressaient dès l'ouverture des bureaux de vote à New York. Les Américains doivent élire leur 44e président, le démocrate Obama ou le républicain McCain, et renouveler la Chambre des représentants et un tiers du Sénat.

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Lire aussi le carnet de route de notre envoyée spéciale à Chicago, Leela Jacinto. 


 

De longues files se forment devant les bureaux de vote américains en cette journée historique qui pourrait voir le premier président noir des Etats-Unis entrer à la Maison Blanche, le démocrate Barack Obama. En cas de victoire du républicain John McCain, l’élection de la première femme vice-présidente en la personne de Sarah Palin constituerait également un événement.

 

A Chicago,  le bureau de vote de l’avenue South Michigan se situe près du Grant Park, où Barack Obama attendra ce soir les résultats de l’élection présidentielle. Notre envoyée spéciale, Leela Jacinto, observe que l’’ambiance y est déjà fébrile. "Cela s’annonce bien", lui a confié Pam Ricci, une femme de 55 ans qui travaille dans les ressources humaines, avant de poursuivre : "Oui, nous allons écrire l’histoire aujourd’hui, et cela quelle que soit l’issue du scrutin."

 
Le quartier général du candidat républicain John McCain, se situe lui à Phoenix, en Arizona.
 

Obama crédité de 11 points d’avance

 

Quelque 153 millions d’Américains sont appelés aux urnes pour élire leur 44e président. Les derniers sondages créditent le candidat démocrate d’une solide avance face à son rival républicain. Selon une étude Reuters-C-SPAN-Zogby, Barack Obama disposerait, au niveau national, de 11 points d’avance sur McCain. Dimanche, l’écart n’était que de sept points, avec une marge d’erreur estimée à 2,9 points. Mais c’est dans ce qu’on appelle les "swing states" – c’est-à-dire les Etats indécis susceptibles de basculer – que l’élection devrait surtout se jouer.

 

Pour être élu à la Maison Blanche, un candidat doit obtenir le vote d’au moins 270 des 538 grands électeurs, le nombre de grands électeurs variant selon la population des Etats.  "Le candidat qui obtient le plus de voix va emporter tous les grands électeurs, sauf dans le Maine et le Nebraska où cela se fait à la proportionnelle", explique à FRANCE 24 Anne Deysine, professeur d’études américaines à l’université Paris X-Nanterre.

 

Ce système électoral donne une grande importance à des Etats comme la Floride ou l’Ohio qui sont classés parmi les indécis et disposent, respectivement, de 27 voix et 20 voix.

 

En 2004, lors de la dernière présidentielle, ces deux Etats avaient fait basculer le vote en faveur du républicain George W. Bush, alors opposé au démocrate John Kerry. Si Barack Obama remporte l'un de ces gros Etats, il est presque assuré de franchir la barre des 270 grands électeurs.

 

Les petits "swing states"

 

Si les regards seront particulièrement tournés vers l’Ohio et la Floride, d’autres Etats, plus petits et incertains, peuvent également jouer un rôle. De fait, la victoire du camp démocrate – peu ou prou assuré de garder les Etats acquis par John Kerry en 2004 – peut aussi passer par le Colorado (9 grands électeurs), le Nouveau-Mexique (5 grands électeurs) ou encore le Nevada (5 grands électeurs).

 

Pour John McCain, la partie s’annonce ardue. Pour gagner, il doit non seulement conserver dans son escarcelle les Etats au vote traditionnellement républicain, mais aussi arracher la victoire dans au moins un Etat démocrate. Sa marge de manœuvre semble donc plus faible, même si le facteur racial – pour ne citer que celui-là – peut changer la donne. Par ailleurs, selon un récent sondage Reuters-Zogby, John McCain n’attirerait que 29 % de l’électorat hispanique qui, en 2004, avait voté à plus de 40 % en faveur de George W. Bush.

 

Une très forte participation attendue

 

D’ores et déjà, les experts s’attendent à une participation très élevée. Organisés dans une vingtaine d’Etats, les votes par anticipation et par correspondance ont obtenu un joli succès. Environ 20 % des électeurs auront voté avant le 4 novembre. Et si les files d’attente persistent à l’heure de la clôture des bureaux de vote, les autorités locales ont la possibilité de prolonger les horaires d’ouverture. Des craintes de fraude ou de paralysie électorale existent, personne ne souhaitant revivre l'épisode du cafouillage de Floride, en 2000, qui avait donné le dernier mot sur l'élection à la Cour suprême.

 

Les premiers résultats de l’élection présidentielle américaine devraient pouvoir être annoncés à partir de mardi à minuit, heure de Paris (23 heures GMT), en se basant sur les projections et sondages sorties des urnes. Les bureaux de vote de la côte Est devraient commencer à fermer entre 19 heures et 21 heures (1 heures et 3 heures à Paris). 


Ainsi en va-t-il de l’Indiana, où Barack Obama et John McCain sont au coude à coude. Depuis 1964, cet Etat de 11 grands électeurs a toujours voté républicain. Si Barack Obama le gagnait, les analystes ne manqueront pas d’y voir un signe encourageant pour lui.
 

 

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