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McCain reconnaît la victoire "historique" d'Obama

Le candidat malheureux à l'élection présidentielle américaine, John McCain, a reconnu la victoire de son rival, Barack Obama. "Le peuple américain a parlé, et il a parlé clairement", a-t-il déclaré devant ses partisans réunis à Phoenix.

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L’angoissante attente aura été de courte durée. Deux heures après la fermeture des bureaux de vote en Arizona, le candidat républicain John McCain a rejoint ses partisans à l’hôtel Biltmore, à Phoenix, pour reconnaître sa défaite. 

 

"Cet échec c’est le mien, pas le vôtre", a-t-il déclaré devant des supporters éperdus de tristesse. Et la foule de lui rétorquer : "Non, c’est la faute aux médias, à Hollywood !" 

 

"Le peule américain a parlé et il a parlé clairement", a ajouté John McCain, avant de poursuivre : "C’est une élection historique. Je reconnais la signification particulière qu’elle a pour les noirs américains, la fierté qui doit être la leur ce soir."

 

"Le chemin a été difficile depuis le début mais je n’ai aucun regret", a aussi déclaré John McCain dans un discours prononcé d’une voix grave. La vice-présidente Sarah Palin, qui s’était elle-même présentée comme "un pitbull avec du rouge à lèvres", a quitté la scène sans prendre la parole, adressant seulement un signe de la main au public. 

 

Comme la fin d'un monde

 

"Le discours de McCain, bienveillant et humble, était celui d’un homme d’Etat", commente, très émue, Susan Marie, vêtue du tee-shirt rouge républicain.   

 

Il y avait dans l’assemblée beaucoup de regards rougis par les larmes, avec le sentiment partagé par nombre de participants que c’était la fin d’un monde tel que les républicains l’ont connu. "Nous ne savons pas réellement où Obama se positionne, déclare Sue Shumway, qui a travaillé à la campagne victorieuse de McCain pour l'accession au Congrès en 1982. Mais nous savons tout ce que McCain a fait." 

 

"Ça y est, je suis fini", se désole Many Chee, en tenant sa tête dans les mains. Il a un petit commerce d’armes et est persuadée que Barack Obama va accentuer le contrôle de leur usage. "Cela signifie moins de vente d’armes aux Etats-Unis et moins d’importation de modèles Chapuis de France", avance-t-il.

 

Ce qui a fait défaut

 

La plupart des républicains estiment que McCain ne pouvait rivaliser avec les discours trompeurs d’Obama, l’importante manne financière de sa campagne et le parti pris des médias. 

 

"Mon cœur est brisé et je me sens très désenchanté", dit Karry King, qui dirige une entreprise de transports routiers. "Les gens n’ont pas compris les enjeux. Ils voulaient du changement mais étaient incapables de dire ce que cela signifiait ." 

 

Ingénieur dans l’informatique, Ryan McDermott, a renoncé à assister au discours de défaite de John McCain en raison de la file d’attente pour passer au détecteur de sécurité. Lui aussi met en cause un "gap" (fossé) générationnel. "C’était mode et tendance d’aimer Obama et les jeunes se sont accrochés à lui". Il attribue aussi la défaite à la conjoncture économique : "Les Américains avaient peur et Obama leur a dit ce qu’ils voulaient entendre et non ce qui devait être fait au risque de déplaire." 

 

Mais pour Tony Malaj, un ancien stratège politique, une part de la supériorité de Barack Obama réside dans son trésor de guerre. "Il a levé beaucoup de fonds avec des mises de 5 et 10 dollars, déclare-t-il. C’est ce qui lui a donné cette assise." 

 

Une soirée bien maussade

 

Il était 17 heures quand les bénévoles et les personnalités de la campagne de John McCain ont commencé à se réunir dans les salons de l’hôtel Biltmore, s’approvisionnant en breuvages et badges à l’effigie de la victoire McCain-Palin. Construit par l’architecte américain Frank Lloyd Wright, l’hôtel Biltmore avait, au début des années 80, accueilli la fête de mariage de Cindy et John McCain. Ce mercredi, des chanteurs de musique country se sont succédés sur scène, tandis que s’égrenaient à l’écran les premiers résultats. 

 

Mais quelque chose manquait. "Mon humeur change toutes les minutes", confie Nancy Juarez, une ancienne employée de McCain. A un moment donné, les organisateurs de la soirée ont arrêté de diffuser les résultats. Et lorsqu’un ancien gouverneur de la Louisiane, Tony Roemer, est venu sur scène annoncer la victoire des républicains dans cet Etat, les personnes regroupées à l'extérieur de l’hôtel Biltmore savaient déjà qu’Obama avait gagné l’Ohio et la Pennsylvanie. 

 

L’ambiance est devenue définitivement maussade quand le sénateur républicain de l’Arizona, Jon Kyl, reconnaissant le moment difficile, a lu un passage de la Bible qui a sonné comme un éloge funèbre : "J’ai mené un juste combat. Je suis allé jusqu’au bout, j’ai gardé la foi." 

 

Reste l'espoir entretenu par Ronney Drake, professeur et fils d’un homme politique d’Arizona : "Avec la Maison Blanche, le Sénat et la Chambre des représentants dominés par les démocrates, dans quatre ans nous revenons et seront perçus comme des sauveurs."
 

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