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Wall Street, rattrapée par la crise, clôture en forte baisse

Wall Street termine en forte baisse. Le Dow Jones tombe à 5,05 % et le Nasdaq à 5,53 %. Les Bourses européennes avaient inauguré la tendance. Londres a cédé 2,34 %, Paris 1,98 % et Francfort 2,11 %.

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Les marchés boursiers ont fléchi mercredi face à l'ampleur des défis économiques qui attendent le président élu américain Barack Obama, après le soulagement suscité dans un premier temps par la levée de l'incertitude politique pesant sur la première économie mondiale.

Wall Street, qui avait d'abord bondi après l'annonce de la victoire de M. Obama, a terminé la séance en forte baisse, de nouveaux indicateurs ayant rappelé que le le président américain fraîchement élu allait devoir faire face à une situation économique très mauvaise. A la clôture, le Dow Jones a lâché 5,05% et le Nasdaq 5,53%.

Les Bourses européennes ont elles aussi terminé en repli: Londres a cédé 2,34%, Paris 1,98% et Francfort 2,11%. Milan a terminé en recul de 1,44%, tandis que Madrid a grappillé 0,18%.

La Bourse de Sao Paulo, première place financière d'Amérique du sud, a terminé en forte chute de 6,13% à 37.785 points, après deux séances de hausse lundi et mardi.

Ayant intégré la victoire --largement attendue-- de M. Obama, les investisseurs se reconcentrent sur les conséquences de la pire crise économique depuis près de 80 ans.

"Le prochain président va devoir faire face à une économie en pleine détérioration, et cela n'a pas échappé à Wall Street", a ainsi souligné Andrea Kramer, de Schaeffer's Investment.

"Nous entrons à présent dans une période longue et sombre avant qu'Obama ne prenne possession de la Maison Blanche le 20 janvier 2009", notait Howard Wheeldon, stratégiste chez BCG Partners". "D'ici là il est peu probable qu'il y ait beaucoup de nouvelles économiques positives", ajoutait-il.

Juste après l'annonce de la victoire de Barack Obama, les marchés d'Asie-Pacifique avaient clôturé en forte hausse, portés par un sentiment d'optimisme. Tokyo avait gagné 4,46%, Hong Kong 3,2% et Shanghai 3,16%.

Globalement, le dénouement de la présidentielle américaine est perçu positivement "avec le sentiment que l'on a peut-être tourné la page" après des mois de campagne et une dramatique crise financière, observait à New York l'analyste Marc Pado, de Cantor Fitzgerald.

Sherrill Shaffer, ancien chef économiste à la Réserve fédérale de New York, s'attend lui aussi à une "stabilisation" des marchés après des semaines de tourmente.

L'euro a repris des couleurs face au dollar, dans l'attente d'une baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d'Angleterre (BoE) qui devrait intervenir jeudi, afin de donner un coup de pouce à la croissance alors que la Commission européenne prévoit une récession pour la zone euro sur les trois derniers trimestres de 2008.

Vers 19H00 GMT (20H00 à Paris), l'euro s'échangeait à 1,3011 dollar, contre 1,2975 dollar mardi vers 22H00 GMT.

Les prix du pétrole sont repartis en forte baisse mercredi à New York, le baril perdant plus de cinq dollars après l'annonce d'une hausse des réserves de produits pétroliers aux Etats-Unis, dans un climat économique morose.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en décembre a fini à 65,30 dollars, en baisse de 5,23 dollars par rapport à la clôture de mardi.

Signe de l'ampleur des difficultés qui attendent le nouvel occupant de la Maison Blanche, le secteur privé américain a perdu 157.000 emplois en octobre, après en avoir supprimé 26.000 en septembre.

Et l'activité dans les services aux Etats-Unis s'est contractée en octobre, selon l'indice ISM des directeurs d'achats du secteur.

Ces chiffres laissent présager de mauvaises nouvelles sur le front des statistiques de l'emploi, dont la publication vendredi est attendue avec inquiétude par les investisseurs.

En Europe également les clignotants économiques sont au rouge. Les ventes du commerce de détail dans la zone euro ont reculé de 1,6% sur un an en septembre. Et l'indice composite des directeurs d'achat (PMI) dans la zone euro a enregistré en octobre sa plus forte baisse mensuelle depuis juillet 1998.

En Grande-Bretagne, la production manufacturière a baissé plus que prévu en septembre, de 0,8%.

Le gouvernement allemand a adopté mercredi une série de mesures hétéroclites destinées à soutenir l'économie, d'un coût général de quelque 23 milliards d'euros sur quatre ans, prévoyant notamment des exonérations fiscales et un programme d'investissement public dans les infrastructures routières.

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a de son côté déclaré que le plan de soutien aux banques, évalué jusqu'à 30 milliards d'euros par la presse, serait adopté "la semaine prochaine".

La crise bancaire est en effet loin d'être surmontée. La banque française BNP Paribas a ainsi annoncé un bénéfice en baisse de 55% au troisième trimestre, avec une forte hausse des créances douteuses, près de deux fois supérieures à leur niveau de 2007.

Le sauvetage de la banque suisse UBS va faire plonger le budget de la Suisse dans le déficit. Et l'Etat belge va garantir à hauteur de 240 milliards d'euros les prêts contractés par les banques Fortis et Dexia, déjà renflouées.

Dans l'industrie, le numéro un mondial de l'acier, ArcelorMittal, a annoncé une réduction de 30% de sa production au quatrième trimestre, contre 15% prévu initialement.

Pas de morosité en revanche chez le groupe pétrolier français Total qui a dégagé un bénéfice en hausse de 21% sur les neuf premiers mois de l'année et pourrait battre son record de 2006.

Les grands acteurs du capitalisme mondiale continuaient à prendre leurs marques en vue du sommet du G20 (principaux pays industrialisés et émergents) sur la réforme du système financier, prévu le 15 novembre près de Washington.

Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 doivent se retrouver ce week-end au Brésil pour préparer ce sommet et esquisser une vaste réforme de l'architecture financière mondiale ébranlée par la crise.

Au Canada, un haut responsable du ministère des Finances a indiqué que son pays allait y plaider pour que chaque pays fasse le ménage chez lui plutôt que pour une refonte en profondeur du système financier mondial.

Les 27 ministres des Finances européens avaient défini dès mardi les grands principes de réforme du système financier qu'ils entendent défendre: régulation de la finance mondiale et rôle renforcé pour le Fonds monétaire international (FMI). Des propositions qui seront au centre du sommet de l'UE de vendredi.
 

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