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Accident meurtrier dans un sous-marin nucléaire

Plus de 20 militaires et ouvriers russes ont péri dans un accident survenu à bord d'un sous-marin nucléaire en manœuvre dans le Pacifique. Selon les autorités, les niveaux de radiation enregistrés dans le submersible sont "normaux".

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Vingt personnes ont été tuées et 22 blessées samedi lors d'un accident à bord d'un sous-marin à propulsion nucléaire de la Flotte russe du Pacifique, le pire accident de ce type depuis la catastrophe du Koursk il y a huit ans.

Les autorités ont affirmé que les niveaux de radiation à bord étaient "normaux".

"Selon un bilan précisé, 20 personnes sont mortes, trois officiers et 17 civils, membres de l'équipe du chantier naval chargée de la livraison" du navire, a déclaré à Interfax un responsable de la commission d'enquête du parquet, Vladimir Markine.

Elles ont été tuées en inhalant du gaz fréon émis dans une partie du navire par le déclenchement du système anti-incendie, a-t-il précisé aux trois agences de presse russes.

"Au cours d'un test d'un sous-marin nucléaire, le système anti-incendie a connu une défaillance, tuant plus de 20 personnes, parmi lesquelles des militaires et des ouvriers", avait annoncé auparavant à l'AFP un responsable de la marine russe, le capitaine de vaisseau Igor Dygalo.

"Le sous-marin n'est pas endommagé, son réacteur fonctionne normalement et les niveaux de radiation enregistrés à bord du sous-marin sont normaux", a-t-il souligné.

L'accident s'est produit en mer du Japon, a-t-il précisé à la chaîne d'information continue Vesti 24.

Les 22 blessés ont été acheminés à Vladivostok à bord d'un navire militaire et admis à l'hôpital de la Flotte du Pacifique. Ils "souffrent d'empoisonnement à des degrés divers", a déclaré à l'AFP une source de cet hôpital militaire.

Lorsqu'un incendie se déclare dans un compartiment d'un sous-marin un des moyens de le neutraliser est de diffuser un gaz dans ce compartiment, a indiqué Ria Novosti en citant la Flotte du Pacifique.

Le sous-marin est arrivé dimanche au port de Bolchoï Kamen près de Vladivostok et les corps des victimes ont été acheminés dans des morgues de la région.

Au total, 208 personnes se trouvaient à bord, dont 81 militaires et des employés d'un chantier naval, a indiqué Igor Dygalo. Aucune précision officielle n'a été fournie sur la classe du submersible et l'éventuelle présence à bord d'armements.

Selon une source au chantier naval où il a été construit à Komsomolsk-sur-Amour (Extrême-orient russe), citée par l'agence Ria Novosti, il s'agit du sous-marin d'attaque à propulsion nucléaire "Nerpa" (projet 971 Shuka-B, Akula dans la classification de l'Otan). Ce tout nouveau sous-marin a effectué sa première plongée début novembre, a ajouté cette source.

Il effectuait des essais en mer. Ces tests étaient destinés, selon Ria Novosti, à le préparer à être livré à l'Inde. Cette information n'a pas été confirmée de source officielle.

Selon la presse russe, New Delhi aurait payé deux milliards de dollars (1,56 md EUR) pour prendre en leasing avec option d'achat deux sous-marins de la classe Akula.

La défaillance du système anti-incendie s'est produite dans un ou deux compartiments au maximum du sous-marin, qui ont ensuite été ventilés de même que les compartiments adjacents, a indiqué un expert militaire cité par les agences russes.

Selon l'expert cité par Ria, "une erreur de programmation ou d'exploitation" a pu déclencher le système anti-incendie.

Le ministre russe de la Défense, Anatoli Serdioukov, a informé le président Dmitri Medvedev, qui a demandé l'ouverture d'une enquête "complète et méticuleuse", ainsi que "le plus grand soutien possible aux familles des victimes", a indiqué M. Dygalo.

La Russie garde un souvenir douloureux du naufrage du sous-marin nucléaire Koursk - fleuron de la flotte russe - dans lequel 118 marins périrent par 109 mètres de fond en août 2000 en mer de Barents (nord-ouest de la Russie) à la suite de l'explosion d'une des torpilles.

Les autorités russes avaient alors tardé à accepter l'aide étrangère pour sauver d'éventuels survivants. Alors que la nation vivait le drame en direct, le président Vladimir Poutine avait continué ses vacances au bord de la mer Noire et n'était intervenu que quatre jours après le naufrage pour dire que la situation était "critique" mais que la Russie disposait de "tout le nécessaire" pour le sauvetage.

En août 2005, sept marins russes prisonniers de leur bathyscaphe au large de la presqu'île du Kamtchatka (Extrême-Orient russe) avaient été secourus grâce à l'aide d'un robot sous-marin britannique qui avait dégagé le sous-marin des câbles l'emprisonnant.

 

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