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Tsvangirai demande une date butoir pour un accord

Le chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, a appelé les dirigeants de la Communauté de développement de l'Afrique australe réunis à Johannesbourg à imposer une date butoir pour la conclusion d'un accord sur le partage du pouvoir au Zimbabwe.

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L'opposant zimbabwéen Morgan Tsvangirai a averti dimanche l'Afrique australe réunie en sommet à Johannesbourg que le pouvoir et l'opposition au Zimbabwe s'éloignaient "de plus en plus" malgré la signature en septembre d'un accord de partage du pouvoir.

"Il est triste de constater que cet accord n'a pas été mis en oeuvre et le fait que les parties paraissent s'éloigner de plus en plus, au lieu de s'unir face aux nombreux problèmes que connaît notre pays, est peut-être plus dangereux encore", a déclaré M. Tsvangirai, selon le texte de son intervention à huis clos dont l'AFP a obtenu une copie.

"Si nous ne parvenons pas à une entente aujourd'hui (sur un gouvernement d'union, ndlr) un million de Zimbabwéens, peut-être plus, peuvent mourir de faim dans les 12 mois qui viennent", a continué l'opposant.

Les discussions sur la répartition des ministères au sein du gouvernement sont au point mort depuis deux mois, achoppant notamment sur le contrôle de l'appareil de répression.

Le parti au pouvoir, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF) du président Robert Mugabe, s'est arrogé certains portefeuilles dont celui de la Défense sans attendre l'issue des négociations.

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de M. Tsvangirai, qui détient la majorité à la Chambre des députés depuis la défaite historique du régime aux élections générales du 29 mars, revendique celui de l'Intérieur, dont dépend la toute puissante police.

Les dirigeants des 15 pays membres de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), dont seulement cinq chefs d'Etat, sont réunis dimanche à Johannesburg pour un sommet présenté par les analystes comme l'ultime chance pour l'Afrique australe de sortir le Zimbabwe de l'impasse.

La paralysie politique prolonge les souffrances de la population qui se débat pour survivre face aux pénuries de denrées de base, un chômage de quelque 80% et une hyperinflation officielle qui défie l'entendement à 213 millions % en taux annuel.

Selon M. Tsvangirai, les économistes indépendants considèrent que l'inflation réelle est de 18.000 milliards %.

Il a souhaité que la SADC prescrive une méthode d'allocation des ministères qui "réponde au principe d'égalité et qui lie toutes les parties", en fonction du poids des portefeuilles dans le gouvernement.

Une telle répartition, selon lui, mettrait en balance le ministère de l'Intérieur avec celui de de la Défense, celui de l'Information avec les Affaires étrangères, celui de la Justice avec les Collectivités locales, et celui de l'Agriculture avec la Réforme agraire - épineux dossier hérité de la colonisation.

L'opposant a également demandé à la région de poser une échéance sur la mise en place du gouvernement d'union, notamment pour la présentation au Parlement de l'amendement à la Constitution prévoyant la création du poste de Premier ministre, qui lui revient selon l'accord du 15 septembre pour la formation d'un gouvernement d'union, et définissant ses pouvoirs.

"Un accord politique ne peut être garanti de succès, à l'instar d'un mariage, que si les deux partenaires font preuve de sincérité et de fidélité", a-t-il continué. "C'est dans ce domaine que la Zanu-PF laisse à désirer."

Le MDC a dénoncé récemment la reprise des violences contre ses partisans depuis l'accord du 15 septembre.
 

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