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Le chef rebelle Laurent Nkunda dit respecter le cessez-le-feu

Alors qu'aucun combat majeur n'a été signalé depuis 36 heures et que Nkunda assure respecter le cessez-le-feu, l'ONU accuse des soldats de l'armée congolaise de se livrer, depuis lundi soir, à "des pillages et des exactions" dans l'est du pays.

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Lisez notre dossier: "Combats au Nord-Kivu".



Le chef rebelle congolais Laurent Nkunda a assuré lundi à l'AFP respecter le cessez-le-feu décrété unilatéralement fin octobre dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), où aucun combat majeur n'a été signalé depuis 36 heures.

"Ces derniers jours, nous avons toujours été attaqués par la coalition gouvernementale, nous nous défendons, mais nous maintenons que le cessez-le-feu doit continuer", a affirmé Laurent Nkunda, dans une de ses bases située sur la commune de Kirolirwe, petite localité à une vingtaine de kilomètres à vol d'oiseau de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu (est).

"Nous avons proclamé le cessez-le-feu (le 29 octobre), on s'y tient encore", a-t-il assuré, entouré des cadres de la rébellion et de gardes du corps lourdement armés.

Le 29 octobre, la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) avait décrété un cessez-le-feu unilatéral après s'être positionnée à une quinzaine de kilomètres de Goma, où sont basés environ un millier de Casques bleus de l'ONU.

Mais depuis, de nombreux combats ont opposé le CNDP d'un côté, et de l'autre l'armée et des groupes armés alliés dans tout le Nord-Kivu. Les deux camps se rejettent la responsabilité du déclenchement de ces hostilités.

Depuis dimanche à la mi-journée, aucun combat majeur n'a cependant été signalé. Lundi, les deux camps, rebelles et armée, étaient toujours séparés par seulement quelques centaines de mètres aux portes de Goma, selon l'ONU, qui tente, en vain jusqu'à présent, de les faire reculer.

Laurent Nkunda, qui avait une nouvelle fois menacé la semaine dernière de "chasser" le gouvernement, a toutefois estimé que "la situation (n'était) pas bloquée", en dépit des refus répétés de Kinshasa d'ouvrir des négociations directes avec la rébellion.

"Il faut arriver à toucher (le gouvernement de) Kinshasa, et je suis très content que le monde se mette à parler en faveur d'une solution politique", a-t-il déclaré, fines lunettes sur le nez et canne surmontée d'une tête d'aigle en main.

Il a toutefois nié tout contact officieux avec le gouvernement congolais, et est revenu sur de précédentes accusations de son mouvement, affirmant ne "pas confirmer que les Angolais sont au Congo".

Depuis plusieurs jours, les spéculations vont bon train sur la présence possible en RDC de soldats angolais, dont le pays est un fidèle allié de Kinshasa.

Le gouvernement congolais n'a pas exclu dimanche soir l'engagement ultérieur de troupes angolaises aux côtés de l'armée régulière, et l'Afrique australe s'est dite prête à envoyer "si nécessaire" des troupes de maintien de la paix, sans préciser si elles interviendraient dans le cadre de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) ou pas.

Si elle était avérée, la présence de soldats angolais sur le terrain laisserait craindre en retour une vive réaction du Rwanda, frontalier du Nord-Kivu.

De son côté, l'Union européenne s'est de nouveau dite lundi inquiète de la dégradation de la situation en RDC, mais ne prévoit pas l'envoi de troupes sur place.

Les affrontements de ces deux derniers mois dans le Nord-Kivu, qui ont fait au moins 100 morts civils selon Human Rights Watch (HRW), ont jeté sur les routes environ 250.000 personnes, qui vivent dans des conditions effroyables.

Le Comité international de la Croix Rouge (CICR) a annoncé lundi avoir repris la distribution d'aide alimentaire à 65.000 déplacés dans la zone de Kibati, à 12 km au nord de Goma. Cette distribution avait été interrompue vendredi par des combats.

Enfin, les rebelles hutu rwandais, qui sont opposés à l'actuel régime de Kigali, dominé par la minorité tutsi, ont "catégoriquement" démenti lundi des affirmations de l'ONU, selon lesquelles ils seraient impliqués dans des combats dans l'est de la RDC, où ils opèrent depuis le génocide tutsi de 1994 au Rwanda.

Laurent Nkunda les accuse d'être une menace pour la communauté congolaise tutsi à laquelle il appartient.

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