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CONSOMMATION

Retour des légumes biscornus dans les commerces européens

Texte par : Kattalin LANDABURU
3 min

Les carottes tordues et autres concombres difformes, jusqu'ici destinés à l'industrie ou à la poubelle, vont pouvoir être de nouveau vendus dans les magasins européens. Bruxelles souhaite ainsi faire baisser les prix des denrées alimentaires.

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Dès juillet 2009, les fruits et légumes biscornus pourront à nouveau être vendus aux consommateurs européens. La décision a reçu l'aval des Etats membres de l’Union européenne, le 12 novembre dernier à Bruxelles, malgré un vif débat et le vote négatif de seize pays. Elle implique l'abrogation d'une série de sanctions qui frappaient jusqu'à maintenant nos végétaux disgracieux. Les étals des commerçants au sein de l'Union verront donc réapparaître les concombres tordus, les kiwis trop petits ou les bananes raides.

 

Cette mesure s'applique à 26 types de fruits et légumes. Dix seulement - parmi lesquelles lesquels les poivrons, les tomates ou les pommes - restent soumis aux anciennes normes de commercialisation définissant, par exemple, la taille ou le degré de courbure. Il n'en restera pas moins possible, pour chaque pays, d'y déroger à titre individuel, mais avec l'obligation d'étiqueter les produits considérés "hors normes".

 

Allègement de l'arsenal réglementaire européen

 

Loin de viser à mettre fin à une injuste discrimination imposée à nos végétaux, la décision vise notamment à alléger l'arsenal réglementaire européen : sur les dizaines de milliers de pages de lois, de règles et de normes, cent pourront d'ores et déjà être supprimées. « C'est un exemple concret de notre volonté de réduire la paperasserie inuitile. Nous n'avons pas besoin de régulations sur ce type de dossiers au niveau européen », s'est félicité la Commissaire à l'agriculture, Mariann Fischer Boel. Une façon également de couper l'herbe sous le pied des eurosceptiques - tout particulièrement des Britanniques, enclins à décrier l'intervention tous azimuts de Bruxelles. « C'est une victoire du bon sens! s'est félicité l'euodéputé écossais Alyn Smith. J'espère que les eurosceptiques s'attacheront maintenant à des hobbies plus utiles ».

 

En période de crise alimentaire, la décision prend aussi tout son sens. C'est notamment l'avis du conservateur britannique Neil Parish - président de la Commission agriculture au Parlement européen : « La nourriture c'est de la nourriture, peu importe son aspect. Dans le contexte actuel de telles mesures devenaient moralement injustifiables ». La levée des restrictions offrira, dès son introduction, plus de choix aux consommateurs. Jusqu'à maintenant, les produits frappés d'interdiction étaient soit transformés soit terminaient tout simplement à la poubelle.

 

Une éventuelle baisse des prix ?

 

Pour les plus optimistes, la nouvelle mesure devrait même permettre de faire baisser les prix. « Un effet peu probable, tempère le porte-parole de la Commissaire européenne à l'agriculture, car les producteurs pourront vendre leurs produits aux supermarchés à un prix supérieur que celui facturé à l'indutrie de transformation ».  

 

En privant les tabloïds, en particulier britanniques, de gros titres vendeurs, la décision de l'UE ne déçoit pas seulement les euroscpetiques à cours de critiques. Plus sérieusement, les associations européennes d'agriculteurs ont aussi décrié un projet de démantèlement qui ne tient pas compte des vives oppositions du secteur. Pekka Pesonen, secrétaire général du Copa et de la Cogeca, fédérations de fermiers européens, regrette déjà « l'utilisation de paramètres objectifs comme le calibre et l'homogénéité permettant de déterminer un prix pour chaque qualité ».

 

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