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Neuf jeunes mis en examen pour faits de terrorisme

Soupçonné d'avoir dégradé des lignes TGV, les membres du groupe anarcho-autonome baptisé "cellule invisible" seront entendus par un juge pour des délits qualifiés de "terroristes". Une incrimination que leur avocate juge disproportionnée.

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Les neuf membres du groupe soupçonné d'avoir provoqué des dégradations contre des lignes TGV, dont un homme de 34 ans présenté comme son chef, ont été mis en examen samedi par un juge d'instruction pour des délits qualifiés de "terroristes" par la justice.

Cinq d'entre eux, dont Julien Coupat, un ancien étudiant en sociologie et chef présumé du groupe, ont été placés en détention provisoire par un juge des libertés et de la détention (JLD), selon leurs avocats.

Les membres de groupe avaient été présentées dès mardi par la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, comme membres d'un groupe anarcho-autonome qui aurait provoqué les retards de plus de 160 TGV dans la nuit du 7 au 8 novembre après avoir saboté des caténaires.

Elles sont soupçonnées sur la base d'indices montrant la présence de cinq d'entre elles à proximité de lieux où des dégradations ont été commises, de documents à caractère anarchiste, de cartes du réseau ferré ou encore de pinces à forge, mais en l'absence de toute preuve directe, comme des traces d'ADN ou d'empreinte digitale.

A la tête de ce groupe qui s'était baptisé "cellule invisible" selon le procureur de Paris Jean-Claude Marin, Julien Coupat a été mis en examen par le juge d'instruction antiterroriste Thierry Fragnoli pour avoir dirigé une structure à vocation terroriste et écroué.

Cette incrimination criminelle est passible de 20 ans de réclusion.

Quatre autres personnes -celles aperçues à proximité des lignes sabotées- sont considérées par le parquet comme formant le "noyau dur" de ce grouspuscule et ont été également incarcérées.

Le juge a cependant opéré un distingo en poursuivant ces quatre personnes pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" mais deux d'entre elles -Yldun L. et Gabrielle H.- pour le chef de "destructions en réunion", selon la source judiciaire qui n'en a pas précisé les raisons.

La mise en examen signifie que le juge estime, selon la loi, disposer d'"éléments graves et concordants" à leur encontre.

Dans cette "cellule invisible" de neuf membres, le parquet considère ne pas avoir suffisamment d'éléments pour incriminer dans les dégradations quatre autres personnes mais suffisamment pour les poursuivre pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".

Ces autre personnes, Bertrand D, Elsa H, Mathieu B et Aria T, ont été mis en examen pour ce chef et remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Etudiants respectivement en sociologie et en master d'anglais, Bertrand et Elsa, 23 et 22 ans, sont notamment soupçonnés d'avoir participé à des manifestations violentes.

Pour leur avocate, Me Dominique Valles, il y a "une disproportion totale entre la qualification (...) et ce qu'on peut réellement leur reprocher".

"Il est choquant de stigmatiser à ce point à partir de données floues", a-t-elle dit, dénonçant "ce qui peut apparaître comme une volonté de criminaliser ce qui correspond à l'expression d'opinions politiques".

Pour Me Cédric Alépée, avocat de Mathieu B, "on a ratissé large".

"J'ai le sentiment d'une instrumentalisation par le pouvoir de l'appareil judiciaire aux fins de restreindre la liberté d'opinion.", a pour sa part affirmé Me Steeve Montagne, avocat d'Yldun L.

Avocate de Julien Coupat et de trois autres jeunes incarcérés, Me Irène Terrel a évoqué une "affaire aux dimensions totalement démesurées".

"Il n'y a aucune proportionnalité entre des faits reprochés qui ne sont en rien établis et qui, quand bien même ne seraient que des dégradations qui n'ont même pas mis en danger de vies, et une procédure terroriste", a-t-elle estimé.
 

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