OTAN - RUSSIE

L'Alliance veut reprendre contact avec Moscou "progressivement"

Après avoir suspendu le dialogue avec Moscou au lendemain du conflit russo-géorgien, l'Otan a annoncé une reprise "progressive" et "sous conditions" des relations avec le Kremlin, tout en espérant la tenue prochaine d'une "réunion informelle".

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AFP - L'Otan a décidé mardi un dégel "conditionnel" et "progressif" de ses relations avec la Russie, en même temps qu'un rapprochement avec la Géorgie et l'Ukraine, deux ex-Républiques soviétiques candidates à l'adhésion à l'alliance occidentale malgré l'hostilité de Moscou.

"Les alliés ont décidé ce que j'appellerais une reprise conditionnelle et progressive de leurs contacts avec la Russie", suspendus le 19 août après le bref conflit russo-géorgien, a déclaré le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer à l'issue de la première de leurs deux journées de réunion à Bruxelles au niveau des ministres des Affaires étrangères.

Pour commencer, l'Otan souhaite la tenue prochaine d'"une réunion informelle du Conseil Otan-Russie au niveau des ambassadeurs afin de reprendre le contact et de discuter des questions sur lesquelles nous sommes d'accord et celles sur lesquelles nous ne le sommes pas", a-t-il ajouté.

"L'Otan a changé sa position à l'égard de la Russie, de l'Ukraine et de la Géorgie. La glace commence à fondre", a réagi l'ambassadeur de Russie auprès de l'Otan Dmitri Rogozine, interrogé par la radio indépendante russe Echo de Moscou.

M. de Hoop Scheffer n'a pas stipulé les "conditions" posées ni le rythme de la normalisation auxquels pense l'Otan.

"Cela ne signifie certainement pas que nous soyons tout d'un coup d'accord avec les Russes sur l'usage disproportionnée de la force" contre la Géorgie lors du conflit militaire d'août, et "la reconnaissance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du sud" qui a suivi, a-t-il souligné.

Pour le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, "'il faut dialoguer avec la Russie avec précaution" et tout reste "ouvert (...) dans les semaines, les mois qui viennent, entre la Russie et l'Otan".

"La question n'est pas d'isoler la Russie. C'est l'invasion de la Géorgie par la Russie" qui a posé un problème entre Moscou et l'Alliance atlantique, a déclaré pour sa part la secrétaire d'Etat américaine sortante Condoleezza Rice, qui venait de faire ses adieux à l'Otan.

"Je ne pense pas que ce soit un retour à la normale" dans les relations Otan-Russie, a-t-elle ajouté.

Après le cessez-le-feu conclu le 12 août, les troupes russes se sont retirées du territoire géorgien, mais pas d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Bien des pays de l'Otan penchent néanmoins pour que le dialogue soit renoué, comme l'UE l'a décidé en ce qui la concerne à la mi-octobre.

Pour le ministre italien Franco Frattini, l'objectif est que le Conseil Otan-Russie puisse reprendre au niveau ministériel en mars, puis au niveau des chefs d'Etat ou de gouvernement lors du sommet de l'Otan en avril à Strasbourg-Kehl.

Sur l'autre point important de la réunion, les perspectives d'adhésion à l'alliance de la Géorgie et l'Ukraine, les 26 alliés ont finalement entériné un compromis conclu par leurs collègues américain, allemand, britannique et français pour sortir de l'impasse sur une question de procédure.

L'Otan a décidé d'approfondir sa coopération avec les deux pays candidats via deux commissions, Otan-Géorgie et Otan-Ukraine, sans remettre en cause la procédure normale, à savoir l'octroi du Plan d'action en vue de l'adhésion (MAP), auquel l'Allemagne en particulier reste très attachée.

A leur sommet de Bucarest en avril, les dirigeants alliés avaient repoussé l'attribution de ce MAP, autrement dit du statut de candidat officiel, à l'Ukraine et à la Géorgie, tout en leur promettant l'entrée à terme dans l'Otan. Malgré la vive hostilité de Moscou à cette idée.

Concernant le MAP, l'Otan est restée très prudente: elle ne peut "préjuger" de la décision qu'elle prendra le jour venu, l'adhésion proprement dite de la Géorgie et de l'Ukraine n'étant quant à elle pas envisagée avant des années.
 

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