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Au nom de sa majesté

Après trois mois de bras de fer, le PAD, fervent défenseur de la monarchie, a remporté sa première victoire en obtenant, le 2 décembre, la dissolution du parti du gouvernement. Cela suffira-t-il à écarter les risques de violence ?

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L’Alliance du peuple pour la démocratie (PAD) a été fondée en 2005 dans le but d’évincer Thaksin Shinawatra, le Premier ministre de l’époque. Le mouvement accusait ce riche homme d’affaires de corruption, voyant en lui une menace pour la monarchie, une institution sacrée en Thaïlande.

 

Le PAD était déjà derrière les manifestations de 2006 qui aboutirent au coup d’Etat militaire, mettant fin au pouvoir de Thaksin en septembre 2006.

 

En mai 2008, le PAD a monté une nouvelle fois au créneau contre le gouvernement démocratiquement élu du Premier ministre Somchai Wongsawat et son parti, le Parti du pouvoir du peuple (PPP), formé de députés issus de l’ancien parti de Thaksin. Les manifestants reprochaient à Somchai, par ailleurs beau-frère du Premier ministre déchu, de n’être qu’une marionnette au service de ce dernier.

 

Pour le PAD, le gouvernement Somchai "s’est comporté comme un cheval de Troie pour Shinawatra", explique Brad Adams, responsable Asie de Human Rights Watch, lors d’un entretien téléphonique avec FRANCE 24.

 

Les manifestants redoutaient que le gouvernement ne vote une loi d’amnistie en faveur de Thaksin afin de permettre son retour à la politique. D’après Adams, le très controversé homme d’affaires serait pour beaucoup dans ces manœuvres.

 

Pour un gouvernement sans Thaksin

 

Le PAD s’est juré de poursuivre le mouvement jusqu’à la formation d’un gouvernement dont Thaksin serait absent. Il réclame aussi une nouvelle Constitution, selon laquelle 70 % des parlementaires seraient nommés et non plus élus.

 

Cependant, de plus en plus de questions se posent sur les motivations réelles du mouvement. "A ses débuts, le PAD prétendait se battre au nom de la monarchie et pour le bien du peuple", rappelle Brad Adams. Mais le mépris du PAD pour Thaksin et pour la victoire électorale de ses alliés pousse certains observateurs à se demander si le PAD est encore un parti démocrate, représentatif du peuple.

 

PPP contre PAD

 

Alors que le PAD jouit d’une solide base au sein de l’importante classe moyenne urbaine, à laquelle appartiennent les fonctionnaires, Thaksin et ses alliés restent populaires parmi les électeurs ruraux pour qui il incarne la lutte pour l’égalité sociale.

 

Le PAD reproche au PPP son hostilité envers le roi Bhumibol Adulyadej, qui a déjà connu 17 coups d’Etat militaires et 26 Premiers ministres. Mais le souverain n’a fait jusqu’ici aucune déclaration au sujet des récentes manifestations.

 

Pendant ce temps, "le PAD est en train de perdre progressivement le soutien de sa base à cause de ses prises de positions conservatrices ", explique Brad Adams, ajoutant que le mouvement risque de s’effondrer d’ici peu. Malgré ses appels du pied, le PAD n’a pas réussi à convaincre l’armée de l’aider à provoquer un coup d’Etat.

 

Chacun des six partis membres de la coalition gouvernementale qui vient d'être renversée se sont engagés à renouveler leur alliance et à organiser l’élection du nouveau Premier ministre au parlement, le 8 décembre.

 

 

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