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Un homme abattu au Pays basque espagnol, l'ETA suspectée

Un homme est mort sous des tirs d'armes à feu au Pays basque espagnol, dans le nord du pays. L'organisation séparatiste ETA est soupçonnée d'avoir perpétré l'attentat.

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AFP - Un entrepreneur a été assassiné mercredi au Pays Basque espagnol dans un "attentat" portant la marque de l'ETA, qui serait la première action armée de l'organisation indépendantiste depuis l'arrestation de son chef militaire présumé, "Txeroki", mi-novembre en France.

"L'ETA ne nous imposera jamais ses solutions violentes", a réagi en début de soirée à Madrid le chef du gouvernement socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero, qui a dénoncé un "lâche assassinat".

Ignacio Uria Mendizabal, 71 ans, propriétaire d'une entreprise travaillant sur le chantier de la ligne ferroviaire à grande vitesse basque, cible de l'ETA, a été tué par balle à la mi-journée à Azpeitia, au Pays Basque (nord).

"Tout semble indiquer qu'il s'agit de l'ETA", tenue pour responsable de 824 morts en 40 ans de violences pour l'indépendance du Pays Basque, avait déclaré dans l'après-midi une source antiterroriste espagnole à l'AFP.

Si la piste de l'ETA se confirmait, il s'agirait de son premier attentat depuis l'arrestation du chef présumé de sa branche militaire, Miguel de Garikoïtz Aspiazu Rubina, alias "Txeroki", le 17 novembre à Cauteret, dans le sud-ouest de la France.

Les forces de sécurité espagnoles s'étaient mises en état d'alerte maximum depuis ce coup de filet majeur, craignant une riposte musclée.

L'entrepreneur a été abattu vers 13h05 (12h05 GMT) de deux balles, l'une dans la tête et l'autre dans la poitrine, "par deux jeunes" qui ont pris la fuite à bord d'une Alpha Romeo, a déclaré au journal El Pais la propriétaire du restaurant d'Azpeitia où se rendait la victime.

Il a succombé à ses blessures environ une heure plus tard, après de vaines tentatives des secouristes de le réanimer sur place.

La police a retrouvé le véhicule volé utilisé pour l'attentat, calciné sur une route de montagne, à environ 25 km.

La victime était propriétaire d'Altuna y Uria, une des sociétés travaillant sur le chantier de ligne à grande vitesse au Pays Basque espagnol, dit "Y basque", en raison de son tracé en fourche.

Ce chantier est devenu, depuis la rupture de la dernière trêve de l'ETA en juin 2007, l'un des objectifs de l'organisation clandestine.

Dans un communiqué en date du 16 août, l'ETA avait dénoncé "un projet dévastateur" cachant des "intérêts étrangers au Pays Basque".

L'ETA a déjà perpétré cette année trois attentats à l'explosif contre des entreprises travaillant sur ce chantier, sans faire de victimes.

Si la piste ETA se confirmait, l'attentat de mercredi serait son premier assassinat par balle depuis celui d'un ex-élu municipal socialiste, Isaias Carrasco, abattu à Mondragon (Pays Basque) le 7 mars, deux jours avant les élections législatives espagnoles.

L'ETA a tué 41 entrepreneurs basques dans le passé, mais n'en avait plus pris pour cible depuis l'année 2000.

"L'Etat espagnol va gagner cette bataille, va vaincre l'ETA", a réagi le chef de la droite, Mariano Rajoy.

M. Zapatero, a suspendu une visite prévue jeudi à Bilbao, capitale économique du Pays Basque, où il devait rencontrer des entrepreneurs et syndicalistes. Il a indiqué dans la soirée qu'il comptait néanmoins se rendre au Pays Basque pour présenter ses condoléances à la famille de la victime.

Le dirigeant du gouvernement régional basque, le nationaliste Juan José Ibarretxe, s'est immédiatement rendu sur les lieux de l'attentat.

"L'ETA assassine les fils de ce peuple", a-t-il ensuite dénoncé, ajoutant à propos du "train de l'avenir" au Pays Basque qu'"on peut être pour ou contre une infrastructure mais pas mettre des bombes ou tuer pour s'y opposer".

M. Zapatero a exprimé la "ferme détermination" du gouvernement à mener à bien ce chantier d'infrastructure, "le plus important" pour le Pays Basque.

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