FOOTBALL

Le supporter de l'OM encourt huit ans de prison

Jugé à Madrid pour "violences envers l'autorité", Santos Mirasierra risque huit ans de prison. Ce supporter marseillais est accusé d'avoir jeté une chaise sur un policier lors d'un match opposant l'OM à l'Atletico Madrid, en octobre.

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AFP - Le procureur de Madrid a maintenu mercredi les accusations portées contre Santos Mirasierra, le supporteur marseillais qui risque huit ans de prison pour violences dans un stade début octobre, tandis que la défense a évoqué à l'audience les contradictions du dossier.

Le jugement, mis en délibéré, pourrait intervenir dans les 48 heures, a précisé Me Erlantz Ibarrondo Merino, l'avocat du supporteur qui comparaissait pour "troubles à l'ordre public" et "violences en réunion envers l'autorité ayant entraîné des blessures".

Le prévenu, également défendu par Me Gilbert Collard, a clamé son innocence, alors qu'un policier l'accusait d'avoir jeté une chaise sur son supérieur, lors des incidents au stade Vicente-Calderon avant le match de Ligue des champions Atletico-OM du 1er octobre.

Vêtu d'une veste bleu clair du club marseillais, Santos Mirasierra a nié avoir lancé ce siège mais reconnu avoir bousculé un policier, assurant qu'il voulait protéger une supportrice de l'OM, au sol et blessée.

"Je suis innocent", a-t-il affirmé en espagnol à la fin de l'audience. "J'ai toujours tout donné pour encourager mon équipe", a-t-il poursuivi, en larmes. "J'ai toujours lutté contre la violence et le racisme. Je suis un +Ultra+ mais je ne suis pas un 'hooligan' ni un criminel".

Match retour

De nombreux journalistes français et espagnols, ainsi que des membres de la famille du prévenu, ont assisté à l'audience, qui a duré environ cinq heures et s'est déroulée à quelques jours du match retour entre l'OM et l'Atletico, à Marseille, le 9 décembre.

L'Atletico affirme avoir reçu des menaces par courrier électronique pour ce match si Mirasierra n'était pas libéré d'ici là et a demandé à ses supporteurs de ne pas aller à Marseille pour éviter des incidents.

Deux des policiers anti-émeutes qui étaient intervenus dans la tribune du Vicente-Calderon à la demande des stadiers espagnols pour retirer une banderole de l'OM ont témoigné mercredi.

Le premier policier, blessé par un siège arraché des tribunes et jeté sur la police dans la mêlée générale, a reconnu qu'il n'avait pas vu qui lui avait lancé l'objet. Le second policier a assuré qu'il s'agissait de Mirasierra, ce qui n'a toutefois été confirmé par les vidéos diffusées pendant le procès.

Quand le procureur lui a demandé s'il reconnaissait le supporteur de l'OM comme l'auteur du jet de cette chaise, ce policier a répondu: "Oui". Mais pendant l'instruction, il avait déclaré que le siège était rouge, alors qu'il était blanc, une "contradiction" sur laquelle l'avocat du supporteur s'est appuyé pour demander la relaxe de son client.

Plusieurs supporteurs, français et espagnols, ont dit que Santos Mirasierra n'avait rien jeté et ont fait état de la violence de l'intervention de la police.

Evoquant la possibilité que certaines charges, comme le fait d'avoir poussé un policier, soient retenues contre son client, en détention préventive depuis deux mois, Me Ibarrondo a demandé au tribunal de limiter la peine à neuf mois de prison au maximum.

"J'ai espoir", a déclaré à la sortie du tribunal Lucile, la soeur du supporteur. "Même si des supporteurs de l'OM, il n'y a que Christine qui a témoigné. Le procureur qui s'endormait... Ils en avaient rien à faire!".

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