JUSTICE

Trois remises en liberté dans l'affaire du sabotage des lignes TGV

La cour d'appel de Paris a ordonné la remise en liberté sous contrôle judiciaire de trois des cinq jeunes incarcérés dans l'affaire des sabotages des lignes TGV survenus fin octobre et début novembre en France.

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AFP - La cour d'appel de Paris a ordonné mardi la remise en liberté de trois des cinq jeunes incarcérés dans l'affaire des sabotages des lignes TGV, un "premier pas" salué par leur avocate, Me Irène Terrel.

Des neuf personnes mises en examen dans ce dossier, seuls Julien Coupat, chef présumé de ce groupe anarcho-autonome autobaptisé "cellule invisible", et sa compagne, Yldune L., ont été maintenus en détention par la chambre de l'instruction de la cour d'appel.

Le parquet général avait requis le maintien en détention des cinq personnes.

Gabrielle H, Benjamin R et sa compagne Manon G, ont obtenu leur remise en liberté sous contrôle judiciaire. Ils devaient être formellement libérés mardi en fin de journée.

Gabrielle H. a été mise en examen le 15 novembre pour destructions en réunion et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Benjamin R. et Manon G. sont poursuivis pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Leur contrôle judiciaire leur interdit notamment d'entrer en relation les uns avec les autres.

Ne restent en détention que Julien Coupat, 34 ans et sa compagne, Yldune L., 25 ans. Il est poursuivi pour le chef criminel de direction d'une entreprise terroriste et le délit de destructions en réunion à visée terroriste. Yldune a été mise en examen pour ce dernier délit et celui d'association de malfaiteurs.

"C'est une victoire relative, il y a deux personnes qui restent en détention", a rappelé Me Terrel.

"C'est un premier pas, c'est quand même un désaveu assez radical de toute cette procédure", a ajouté devant la presse l'avocate pour qui la justice a été "soumise à une pression infernale" et les jeunes "traités de terroristes et salis dans toute une série de médias".

"Le combat continue", ont lancé les parents de Julien Coupat, très marqués par le maintien en détention de leur fils qu'ils n'ont pas vu depuis son interpellation le 11 novembre malgré leur demande de parloir.

Une trentaine de manifestants sont venus de nouveau au palais de justice de Paris apporter leur soutien aux mis en examen, aux cris de "Libérez les prisonniers", avant d'être reconduits vers la sortie par un imposant dispositif de gendarmes.

Présente parmi les manifestants, la responsable Verts, Cécile Duflot, a jugé "scandaleux" le maintien en détention de Julien Coupat et sa compagne. "On peut très bien mener l'enquête sans placer en détention ces jeunes. Cela montre une judiciarisation de la société", a-t-elle dit.

Les motivations de la chambre de l'instruction n'ont pas été précisées. Gabrielle et Yldune sont poursuivies pour les mêmes motifs. L'une est libérée, l'autre pas.

Une source proche du dossier a émis l'hypothèse que le maintien en détention de Julien Coupat et d'Yldune était lié au signalement par les autorités américaines de leur présence à la frontière canadienne.

Les deux jeunes gens avaient participé en janvier à une manifestation devant un centre de recrutement de l'armée américaine à New York, visé deux mois plus tard par un attentat qui n'avait pas fait de victime.

Les quatre autres personnes également mises en examen le 15 novembre pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste dans ce dossier avaient été placées sous contrôle judiciaire.
 

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