ATTAQUES DE BOMBAY

Adieux et regrets après un fiasco digne de Bollywood

Leela Jacinto est l'envoyée spéciale de France24.com à Bombay. Objectif : enquêter sur les attaques terroristes, comprendre ce qui s'est passé, parcourir la ville et rencontrer ses habitants. Posez-lui vos questions en cliquant sur 'Réagir'.

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En deux jours, le climat a brusquement changé dans les salles de presse. Lors de la conférence du futur ex-chef du gouvernement de l’Etat de Maharashtra, les journalistes réclamaient la tête de Vilasrao Deshmukh après les défaillances des services de renseignement et de sécurité qui n’ont pas su déjouer les attaques terroristes de Bombay.

   
Les journalistes ont écourté l’intervention du chef de cet Etat, le forçant à reconnaître qu’il avait déjà remis sa démission. "Les leaders du Parti du congrès – le plus grand parti de la coalition – n’ont plus qu’à rendre leur décision", a-t-il déclaré.

Ce matin, les journaux ont titré sur la démission de Deshmukh, mais les éditorialistes ne se réjouissent pas de la nouvelle. La décision a été prise en deux jours – un laps de temps qui témoigne de l'inertie du Parti du congrès.

Désormais c’est officiel. Les journalistes regrettent presque le départ du haut responsable. Certains s’inquiètent même pour l’avenir du grand parti indien.

Homme politique en fin de course, Deshmukh parle juste. Le ton est celui d’un adieu. Il "s’incline devant la volonté du parti", se "soumet à la volonté de la nation" et promet de continuer à "servir le peuple" de la façon qui semble "la plus appropriée au parti".

Le chef de l’Etat le plus riche de l’union Indienne a bien commis des erreurs. Personne ne remet cela en question. La plus déconcertante était sans doute sa visite de l’hôtel Taj Mahal, juste après son évacuation, en compagnie de son fils, un acteur des films bollywoodiens, et de l’un des metteurs en scène les plus en vue du pays.

Une attitude vivement critiquée par les médias

Après les attaques, une grande partie de la presse a couvert la tragédie de façon schématique, un peu comme un film bollywoodien, rendant hommage aux "héros" et dénonçant ceux qu’ils estimaient être responsables du massacre ou d’avoir failli à leur mission.

Les journaux locaux ont vu dans la visite par les professionnels de cinéma une première approche pour préparer un film sur les attaques. L’information a été démentie, mais aujourd’hui encore, Deshmukh ne cesse de s’excuser de ce cafouillage bollywoodien. "C’était une erreur, je la regrette, je suis désolé", répète-t-il.

Et un autre homme politique indien quitte la scène…

 

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