TUNISIE

Huit manifestants de Gafsa mis en liberté provisoire

Les audiences du procès des manifestants du mouvement de contestation sociale déclenché en janvier à Gafsa ont débuté ce jeudi. Le procès a été ajourné au 11 décembre après que huit des 38 prévenus ont été provisoirement libérés.

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AFP - Le tribunal de première instance de Gafsa, à 350 km de Tunis, a accordé la libération provisoire à huit des 38 prévenus poursuivis pour leur implication dans le mouvement de contestation sociale dans cette région minière du sud-ouest tunisien, a-t-on appris de source judicaire.

Le tribunal a renvoyé au 11 décembre, selon la même source, la reprise des des audiences dans ce procès ouvert jeudi en présence d'une centaine d'avocats et d'observateurs de France, d'Algérie et du Maroc.

Adnane Hajji, porte-parole du mouvement, ne fait pas partie des personnes libérées à l'issue de la première audience qui "s'est déroulée dans de bonnes conditions", a indiqué à l'AFP Me Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme.

Selon lui, une bonne coordination entre le Cour et la défense a permis une atmosphère apaisée et des avocats ont été autorisés à rencontrer les accusés dans leur cellule.

Les prévenus comparaissant, pour la plupart en état d'arrestation, sont poursuivis pour "appartenance à une bande, participation à une entente établie dans le but de préparer ou de commettre un attentat contre des personnes ou des biens" et autres actes "de nature à nuire à l’ordre public".

Selon la défense 34 prévenus ont comparu en état d'arrestation et deux autres se sont livrés séance tenante, les deux restants étant en fuite.

Il s'agit, selon la même source, de Mohiedine Cherbib, coordinateur d'un comité de soutien des habitants de Gafsa en France, et de Fahem Boukaddous, correspondant de la chaîne dissidente Al-Hiwar émettant depuis l'Italie.

La plupart des accusés sont des enseignants et syndicalistes arrêtés après les troubles qui ont nécessité une intervention de l'armée après la mort par balles le 6 juin d'un manifestant à Redeyef, principal foyer d'une agitation de plusieurs mois sur fond de chômage, coût de la vie, corruption et népotisme.

Ce mouvement a été déclenché en janvier 2008 par la publication de résultats jugés truqués d'un concours d'embaûche à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), premier employeur de la région au taux de chômage très élevé.
 

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