REPORTAGE EXCLUSIF

À la rencontre des militants du Lashkar-e-Taïba

Alors que la pression s'accentue sur Islamabad, le correspondant FRANCE 24 au Pakistan Matthieu Mabin est parti dans les environs de Lahore à la rencontre du groupe islamiste Lashkar-e-Taïba, accusé d'être derrière les attentats de Bombay.

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Retrouvez le carnet de route de Leela Jacinto à Bombay.

A lire également l'article : "Entre l'Inde et le Pakistan, l'histoire se répète".

 

Retrouvez l'enquête des Observateurs de FRANCE 24 : "Attentats de Bombay : pourquoi l'Inde s'en prend au Pakistan".

 

Les Etats-Unis et l'Inde accusent le Lashkar-e-Taiba, un groupe islamiste illégal du Pakistan d'être derrière les attaques de Bombay, en Inde, qui ont provoqué la mort d’au moins 171 personnes. Un porte-parole du mouvement islamiste a toutefois démenti jeudi 27 novembre toute implication dans ces attaques.

Les correspondants de FRANCE24 se sont rendus dans la banlieue de Lahore, dans l'Est du Pakistan, non loin de la frontière indienne à la recherche des membres de ce groupe.

Le Lashkar-e-Taïba ou "Armée des pieux", a été fondé dans les années 1990 à Lahore avec l'objectif de lutter contre l'"occupation" par l'Inde d'une partie du Cachemire, à majorité musulmane. Le groupe se présente comme une organisation humanitaire prônant la charia. Il a été interdit au Pakistan en 2002, et reste soupçonné d'avoir renforcé ses liens avec les talibans pakistanais et Al-Qaïda, notamment dans les zones tribales du nord-ouest du pays.

« Les Lashkar-e-Taiba, vous connaissez ? », demande notre correspondant aux passants des rues de Lahore. « Oui, mais ils ne s’appellent plus comme ça maintenant. Il faut dire Jamaat Ud Dawa », lui répond –t-on.

Jamaat Ud Dawa est le nouveau nom du groupe depuis qu’il a été classé organisation terroriste par la CIA en 2002. Ses dirigeants assurent que le mouvement est devenu une simple fondation de charité islamique, mais elle est soupçonné d'être en fait l'aile politique du Lashkar-e-Taiba.

 Jamaat Ud Dawa compte environ 3 000 membres, qui s’occupent d’une madrassa - une école de filles et de garçons - et un hôpital qui soigne gratuitement les déshérités.

Si l’organisation se méfie des journalistes, elle communique volontiers sur ses activités « humanitaires ». Mais, notre correspondant le constate : l’aide sociale qu’elle apporte est un moyen d’acquérir une respectabilité, une légitimité auprès de la population locale. Et c’’est avant tout un moyen d’accéder aux couches les plus pauvres de la population. Là où elle peut aisément recruter.
 

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