CRISE FINANCIÈRE

Le plan de relance français mise sur l'investissement

"Notre réponse à la crise, c'est l'investissement", a lancé Nicolas Sarkozy à Douai (Nord). Son plan accorde la priorité au logement et à l'automobile. Le président estime que le déficit public va se creuser de 15,5 milliards d'euros.

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AFP - Le plan de relance de 26 milliards d'euros annoncé jeudi par Nicolas Sarkozy pour contrer la crise a été accueilli par une salve d'applaudissements à droite qui salue une grande "ambition" et de critiques à gauche et parmi les syndicats, où est dénoncé "l'oubli du pouvoir d'achat".

Bernard Accoyer, président UMP de l'Assemblée nationale salue un plan "ambitieux et audacieux", assuré que "cette réponse en direction de l'investissement va soutenir l'activité".

Le numéro un de l'UMP, Patrick Devedjian, espère que ce plan "très ambitieux" aura "un effet d'entraînement au plan intérieur, en redonnant confiance aux acteurs économiques" et "d'entraînement et d'imitation" en Europe.

Patrick Ollier, président UMP de la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée, salue un Etat qui s'affirme "investisseur, donneur d'ordres et bon payeur". Le plan est "équilibré" puisqu'il comporte aussi "l'aide aux foyers les plus modestes", relève le député.

Jean Arthuis, président centriste de la commission des Finances du Sénat salue un plan "de nature à oxygéner les entreprises", mais attend une "réforme lourde du financement de la protection sociale".

Le député UMP Jacques Myard (souverainiste) approuve "sans réserve" un plan qui "va directement à l'encontre des certitudes idéologiques de la Commission" de Bruxelles, tandis que son collègue Nicolas Dupont-Aignan (Debout La République) veut en "accroître tout de suite le montant".

La gauche reste sur sa faim: rencontrant en Moselle des syndicats de la sidérurgie, Ségolène Royal (PS) a déploré des "mesurettes qui ne sont pas à la hauteur du problème".

"Le pouvoir d'achat est le grands oublié de ce plan" limité au "recyclage de crédits", dénonce le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée, Didier Migaud. Or il faudrait soutenir "massivement la demande" avec une "baisse de la TVA, une hausse des allocations comme l'allocation logement".

"Les Français sont les grands oubliés de ce plan", "trop tardif et fragmentaire pour endiguer l'ampleur de la crise", renchérit le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault. "La priorité donnée à l'investissement illustre ce manque de cohérence".

Pour le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis, le plan est "clivé": "on ne privilégie que l'investissement au détriment de la consommation". Il est "faible", car "son impact de l'aveu même de l'Elysée n'est que de 0,8% de croissance".

Pour le PCF, "une véritable politique de relance s'appuie sur l'augmentation des salaires", mais "quand Sarkozy relance, les salaires restent au point mort".

La LCR d'Olivier Besancenot dénonce un plan "pour le patronat". "Les salariés ne verront guère la couleur des 26 milliards d'euros!". "Hormis la prime de 200 euros pour les bénéficiaires éventuels du RSA, rien n'est prévu pour venir en aide aux victimes de la crise".

Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche) dénonce un "plan Medef" qui prévoit "surtout de nouveaux cadeaux aux entreprises, sans moyen véritable pour soulager les travailleurs eux-mêmes et les ménages".

Pour la CGT, "les employeurs viennent une nouvelle fois de passer au guichet", notamment en bénéficiant de "nouveaux allègements de cotisations".

FO "déplore l'absence totale de mesures sur le pouvoir d'achat et le déséquilibre patent entre soutien de l'offre et relance de la demande".

La FSU pointe des "mesures ponctuelles et très limitées envers les plus défavorisés", et une omission "des instruments qui permettraient une politique salariale".
 

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